Une merveilleuse initiative. Qui relaie à Montpellier?

INITIATIVE – Un manifeste, signé par plus de 10 000 étudiants, appelle le monde économique au réveil écologique. Dans ce texte, des étudiants issus des grandes écoles françaises s’engagent à ne pas travailler pour des entreprises polluantes.

Le Manifeste étudiant pour un réveil écologique a été rédigé par des étudiants d’AgroParisTech, de Centrale Supélec, de l’Ecole polytechnique, de HEC Paris et de l’École normale supérieure Ulm. Ils viennent d’horizons différents, suivent des formations d’excellence, se préparent à occuper des postes à responsabilités et s’interrogent sur leur place au sein d’un système schizophrénique confronté à des défis environnementaux vitaux pour l’humanité : “Nous présentons dans ce manifeste la contradiction dans laquelle nous nous retrouvons alors, étant conscients de la situation mais enfermés dans des perspectives d’avenir professionnel qui ne semblent souvent pas aller dans le sens de la résolution du problème, pourtant vitale”, précise l’équipe de rédaction de cet appel.

Ce message a trouvé un écho au sein de l’ensemble de la communauté étudiante, bien au-delà de la la sphère des grandes écoles. A ce jour, 13 000 étudiants, inscrits dans près de 120 établissements en France se sont reconnus dans cette aspiration au changement. Et ils affirment se sentir prêts à questionner leur zone de confort pour placer la protection de l’environnement et l’intérêt général au centre de leur projet professionnel et de leur vie personnelle.

Une nouvelle génération en quête de sens

Lalie Ory, 22 ans, étudiante à l’ENSAT Paristech, une école d’ingénieur généraliste, effectue actuellement un stage dans une entreprise spécialisée dans l’énergie éolienne. Très investie en faveur de l’écologie dans la vie de son campus au quotidien, elle n’a pas hésité à signer le manifeste qui a fortement résonné en elle : “J’essaie au quotidien de mettre en cohérence mes actions en faveur de l’environnement dans mon mode de vie. Je limite par exemple ma production de déchets. Il est inconcevable pour moi de m’imaginer travailler pour une entreprise qui n’ouvre pas pour protéger nos ressources.

Lalie constate avec regret que son école d’ingénieur forme de manière généraliste des futurs cadres de grandes entreprises mais propose peu de cours autour des enjeux écologiques :”Le succès du manifeste auprès des étudiants démontrent qu’il y a un réel besoin de remettre les enjeux environnementaux en adéquation avec nos compétences“, poursuit la jeune femme. Elle constate que l’offre de stages dans des entreprises innovantes, prêtes à déployer des solutions pour relever les défis environnementaux à grande échelle, est encore trop rare. “Je fais partie d’une génération qui a besoin de donner un sens à son travail, j’ai donc envie de mettre mes compétences au service de l’intérêt général.”

Claire Egnell, étudiante en sciences sociales et philosophie à Science Po Paris et à la Sorbonne, est également prête à changer un certain mode de vie pour participer à un élan collectif : “L’ensemble de notre économie et de notre mode de vie actuel dépend des ressources d’une planète dont il est temps d’intégrer les limites. L’écologie ne doit plus être une préoccupation annexe, mais bien un problème fondamental auquel tous devraient s’efforcer de chercher des réponses.

Changer le système de l’intérieur

Si ce manifeste a pour objectif de stimuler la créativité des cerveaux de demain, l’objectif est de créer un élan collectif. Comment accompagner la transition écologique, favoriser l’émergence d’une agriculture durable, préserver les ressources en eau potable, lutter contre le gaspillage sous toutes ses formes, encourager l’économie circulaire, sans commencer à mettre en place des actions concrètes au sein de son propre mode de vie ?

Cet appel à une sorte de révolution intérieure autour des valeurs écologiques se veut un symbole fort à l’attention des décideurs et des politiques. “Nous souhaitons, par notre mobilisation, inciter tous les acteurs de la société – les pouvoirs publics, les entreprises, les particuliers et les associations – à jouer leur rôle dans cette grande transformation. Et à mener les changements nécessaires vers une société enfin soutenable“, peut-on lire dans le manifeste. Les étudiants signataires affirment ne plus être en accord avec le culte de la croissance, créatrice de fortes inégalités, et génératrice de déséquilibres climatiques. “En tant que citoyens, en tant que consommateurs, en tant que travailleurs, nous affirmons donc dans ce manifeste notre détermination à changer un système économique en lequel nous ne croyons plus.

Retrouvez le manifeste ici.

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