Lancement d’une base de données européennes des risques

Alors que les événements météorologiques extrêmes se multiplient, la Commission européenne s’apprête à lancer une « base de données des risques », afin de recenser les pertes et dommages liés aux catastrophes naturelles.Une plateforme collectant les informations sur les pertes et dommages liés aux sécheresses, inondations, tempêtes, tremblements de terre et autres catastrophes naturelles est en préparation à la Commission européenne. « Elle sera lancée vers la fin de l’année », a indiqué Nacira Boulehouat, qui dirige l’unité de réduction des risques de catastrophe au sein de la direction générale de l’aide humanitaire et de la protection civile (DG ECHO).

« Nous avons commencé avec les données sur les pertes et dommages. Et nous avons réalisé que nous devions ratisser plus large et mettre en place un outil européen de gestion des risques de catastrophe », a-t-elle expliqué.

La base de données listera les conséquences des catastrophes en tous genres, ainsi que des données historiques, afin de permettre une cartographie précise des risques, a précisé Nacira Boulehouat

Jusqu’ici, la DG ECHO s’est surtout occupée de catastrophes naturelles hors de l’UE, mais ce nouvel outil inclura les territoires européens. « Nous voulons rassembler les efforts de réduction des risques de catastrophe et l’adaptation climatique », assure la représentante européenne.

L’UE est actuellement en train de mettre à jour son mécanisme de protection civile, dont les limites se sont fait sentir lors des feux de forêts, tempêtes et inondations de 2017. La proposition législative prévoit la mise en place d’une réserve de canadairs, pompes de grande capacité, hôpitaux de campagne et équipes médicales d’urgences, qui pourront être mobilisés dans différents scénarios.

Les récentes tempêtes fatales en Italie et inondations subites dans le sud de la France sont un triste rappel de la multiplication des événements météorologiques extrêmes en Europe. Si le lien causal avec le changement climatique n’est pas encore officiellement ni irréfutablement établi, la tendance générale correspond aux prédictions des climatologues.

« Un événement particulier ou une année statistique de pertes est difficilement attribuable au changement climatique en soi. Mais si on regarde les tendances à plus long terme, on voit clairement l’écart entre la perte économique totale et les pertes assurées se creuser », déclare Michael Szönyi, qui dirige le programme de résistance aux inondations. « C’est ce que nous appelons l’écart de protection aux dangers naturels. »

Étant donné l’exposition en hausse et la vulnérabilité face au risque climatique, la mauvaise nouvelle est que l’assurance contre les dangers naturels « deviendra économiquement presque impossible », déplore-t-il. Par contre, cela mènera logiquement le secteur des assurances à baisser les pertes économiques totales en soutenant des programmes de prévention et de résilience.

Le réchauffement climatique menace les retraites du monde entier

La grande majorité des actifs des 100 plus grands fonds de pension n’ont pas fait l’objet d’une évaluation des risques climatiques.

À la recherche de la rentabilité

Zurich a calculé que chaque euro alloué à la résilience contre le changement climatique permettait d’économiser cinq euros de dépenses post-catastrophes, nettoyage et reconstruction. Pour l’instant, seuls 13 % des dépenses vont à la résilience, alors que le reste sert au dédommagement après un événement extrême.

Pour Mark Carney, entreprises et banques ne prennent pas assez en compte les risques climatiques. [Policy Exchange/Flickr]

Les grandes entreprises sont de plus en plus enclines à intégrer la problématique climatique dans leur stratégie, indique la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), dans un rapport publié le 26 septembre.

Initiée en 2015 par le Conseil de stabilité financière, cette initiative milite pour que les entreprises cartographient les risques que leur posent ou leur poseront les conséquences des changements climatiques: contraintes carbone étouffant brutalement un secteur, multiplication des événements climatiques extrêmes. Dans l’idéal, cette cartographie doit être rendue publique pour informer investisseurs potentiels et actionnaires.

Climat: les banques françaises en tête en Europe

BNP Paribas arrive en tête du classement de l’ONG ShareAction qui promeut l’investissement responsable, suivie d’UBS et HSBC. Deux autres françaises, Crédit Agricole et Société Générale, se hissent dans les premières banques européennes en matière de reporting et de gestion des risques climat. Un article de notre partenaire, La Tribune.

100 000 milliards d’actifs

Dans son dernier recensement, la TCFD estime à 457 grandes entreprises et 56 institutions internationales le nombre à soutenir ces grands principes de la finance climat. Dans le lot: 287 investisseurs gérant près de 100 000 milliards de dollars d’actifs.

C’est encore peu, mais cela progresse vite. Lors de la première édition du One Planet Summit, en décembre dernier, les bonnes pratiques de la TCFD ne comptaient alors que 237 supporters.

Paradoxalement, les banques britanniques ne montrent pas l’exemple. Selon un rapport de la Banque d’Angleterre, publié le 26 septembre, seuls 10% des établissements audités considèrent le risque climatique comme une donnée stratégique. «Cela engage le conseil d’administration. Cela signifie aussi que les risques climatiques à court et long termes sont considérés et que des actions sont menées pour les réduire.»

Risque de réputation

Pour 60% des banques made in UK, le climat est l’un des nombreux risques à prendre en considération. Sans plus. Enfin, le tiers des banques ne l’envisagent que comme un facteur pouvant éventuellement ternir une réputation.

Très insatisfaisant pour Mark Carney. Dans un communiqué, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, également à l’origine de la TCFD, estime que les risques financiers encourus par les banques, aussi graves soient-ils, «se situent au-delà de leur horizon». Un horizon situé à quatre ans pour neuf banques sur dix.

« Nous observons un mouvement profond en faveur de la finance verte »

Les investisseurs doivent de plus en plus prendre en compte les risques judiciaires liés au réchauffement climatique, rappelle Philippe Desfossé

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