nouveau mouvement écologiste citoyen

L’« acte de naissance » d’un nouveau mouvement politique, baptisé « Place Publique », doit être publié mercredi 7 novembre dans plusieurs journaux.

L’essayiste Raphaël Glucksmann, l’économiste Thomas Porcher, la militante écologiste Claire Nouvian et le maire de Kingersheim Jo Spiegel figurent parmi les fondateurs de ce collectif qui veut s’appuyer sur des mobilisations citoyennes.

De gauche à droite, Thomas Porcher, Jo Spiegel, Claire Nouvian, Raphael Glucksmann et Diana Filippova.

De gauche à droite, Thomas Porcher, Jo Spiegel, Claire Nouvian, Raphael Glucksmann et Diana Filippova. / Joël Saget/AFP

« Place Publique » doit voir le jour mercredi 7 novembre avec la publication d’un « acte de naissance » dans le quotidien Libération et plusieurs journaux de la presse régionale.

Ce « nouveau mouvement politique » est lancé par une centaine de personnes, rassemblées autour de l’essayiste Raphaël Glucksmann, l’économiste Thomas Porcher, la militante écologiste Claire Nouvian, engagée dans la défense des océans, et le maire de Kingersheim Jo Spiegel. Pionnier des questions de démocratie participative, ce dernier va coprésider le mouvement avec Diana Filippova, spécialiste des questions d’innovation et du numérique.

Écologiste, de gauche et pro-européen, Place Publique se fixe pour objectif de répondre à « quatre urgences, écologique, démocratique, sociale et européenne »en s’appuyant sur les « artisans de la transformation écologique et de la transformation sociale », explique l’un de ses fondateurs. Rassembler des initiatives écologistes, sociales et solidaires citoyennes : « Il faut changer d’échelle mais l’enjeu est difficile car on ne sait pas faire en France », admet-il.

« Une vision du monde en partant du terrain et des idées »

Auteur de Les enfants du vide (1), un ouvrage qu’il a écrit pour « sortir de l’individualisme et du nombrilisme », Raphaël Glucksmann a expliqué le 4 novembre, dans « C Politique » sur France 5, la vocation de Place Publique :« Nous voulons créer un espace où l’on peut repenser la politique en posant d’abord les idées (…) Il s’agit de s’appuyer sur des mobilisations qui existent déjà mais sont dans leurs couloirs, et de dire : si on se rassemble, cela peut produire une vision du monde en partant du terrain et des idées. »

Ni « think tank », ni parti politique, Place Publique se veut d’abord un collectif. Toutefois, statutairement, il est un parti et rien ne lui interdit d’avoir des candidats, par exemple dès les prochaines élections européennes. « C’est un mouvement qui entend investir la politique », a reconnu Raphaël Glucksmann, estimant que « l’offre politique actuelle ne suffit pas ». « La gauche est extrêmement divisée. Il n’y a aucune force qui semble en mesure de s’opposer de manière claire, et au libéralisme et au nationalisme », a-t-il estimé sur France 5.

Par son positionnement, Place Publique semble proche des mouvements Europe Écologie-Les Verts et Génération-s de Benoît Hamon, pour lequel Raphaël Glucksmann a voté lors de l’élection présidentielle de 2017. Par sa forme, il rappelle aussi les expériences d’horizontalité menées à La République en marche, la France insoumise et Génération-s.

« Écologie politique » et « révolution mentale »

D’un côté, le PS cherche son identité au moment où la Fondation Jean Jaurès doit dresser jeudi 8 novembre l’inventaire du quinquennat 2012-2017. De l’autre, une autre partie de la gauche cherche les voies d’une refondation et les moyens de refaire de la politique.

« Nul besoin de bâtir de savants systèmes philosophiques pour redonner du sens à l’action publique, écrit Raphaël Glucksmann dans son livre. L’écologie politique nous sauvera si nous la prenons au sérieux, si nous réalisons que la fin de notre monde est possible. Pire : probable. Pire encore : certaine si rien ne change. Seule une révolution mentale peut nous sortir de l’impasse individualiste. Et seule l’écologie a la cohérence idéologique et la puissance tragique pour produire, traduire et surtout pérenniser cette révolution mentale. »

Le jeune essayiste livre quelques pistes de propositions pour nourrir les travaux de Place Publique : une démocratie participative, un revenu universel et un service civique universel, une délibération collective, un « pacte girondin » et un « pacte fiscal ».

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