Grande conf de presse contre le mouvement du 17

Ce matin a eu lieu une conférence de presse. Les principales organisations agissantes étaient présentes .
Oui au manifeste et à sa hiérarchisation des questions . Il me semble manquer quelques proposition:
– réapprendre à marcher, non pas pour reprendre les 10/15km que faisaient nos grand parents par jour mais pour les 3km en moyenne faits par les automobilistes.
– Avant de considérer les ruraux qui ont vraiment besoin de leur voiture peut être agir plus fermement contre la 2° voiture, les voitures à un seul passager, l’entrée dans les villes où existent les transports en commun, …….
– On attaque enfin le principal agent polluant. Mais le changement de mentalité va être difficile …et explosif!
ATTENTION: Déjà énormes recups politiques en place
SOYONS AUSSI NOMBREUX QU’EUX A LA PROCHAINE MARCHE CLIMAT

CONFERENCE DE PRESSETaxer la pollution, accompagner les ménages dans la transition écologique
14 novembre 2018 Alors qu’Édouard Philippe a annoncé des mesures d’aide ce matin sur RTL pour faire face à la hausse des prix des carburants, des représentants de la CFDT, de la Fondation pour la Nature et l’Homme, du WWF-France, de l’Union Nationale des Associations Familiales, de la Fondation Abbé-Pierre, du Secours catholique, d’I4CE et de la Fondation européenne pour le climat ont tenu une conférence de presse commune à 9h.
Vous trouverez ci-dessous des citations des intervenants et ainsi que le Manifeste publié à l’issue de la conférence de presse.
Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation européenne pour le climat, ancienne ambassadrice chargée des négociations sur les changements climatiques et représentante spéciale du gouvernement français pour la COP21.
« La solution aujourd’hui est claire : il faut que l’État, de façon transparente, utilise une bien plus grande partie des recettes de la taxation de la pollution à soutenir les ménages. »
Benoit Leguet, directeur général de I4CE – Institute for Climate Economics
« Ne nous trompons pas de débat : la fiscalité sur l’énergie est indispensable pour changer les comportements et orienter les investissements. Le vrai débat à avoir, c’est comment utiliser au mieux les milliards de nouvelles recettes qu’elle génère pour l’État, afin que cette réforme fiscale soit juste, efficace et transparente ».
Dominique Allaume-Bobe, administratrice de l’UNAF et membre du CESE
« Les familles en milieu rural vivent la triple peine : absence de transport, dispersion des services publics, fiscalité environnementale. Il faut prendre en compte la dimension familiale dans le calcul de toutes les fiscalités ».
Pascal Canfin, directeur général du WWF-France
« Le WWF France salue le maintien de la fiscalité anti-pollution mais regrette que les mesures ne soient pas plus ciblées sur la réduction de notre dépendance et de notre vulnérabilité au pétrole qui enferme les Français, et notamment les plus vulnérables, dans un cercle vicieux. »
Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé-Pierre
« La taxe carbone est une occasion historique pour financer un grand plan d’éradication des 7 millions de passoires énergétiques. Si elle sert à cela elle sera populaire. Si elle sert à financer la suppression de l’ISF, elle sera balayée. Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme
« Les mesures annoncées sont les bienvenues, elles démontrent que le Gouvernement commence à comprendre la nécessité d’une redistribution et d’un accompagnement des classes populaires et des classes moyennes dans la transition écologique. Elles doivent cependant être complétées par un réel effort de développement et de modernisation des infrastructures liées à la mobilité et à la rénovation énergétique du bâtiment. Nous attendons du gouvernement des annonces fortes, en ce sens, dans les prochaines semaines, à la faveur des présentations de la LOM et de la PPE et notamment un agenda, avec les constructeurs automobiles, de sortie du diesel. Les recettes de la fiscalité carbone doivent, en toute transparence, venir financer cet effort indispensable pour réussir une transition écologique solidaire et nous permettre de sortir de la dépendance aux énergies fossiles. »
Philippe Portier, Secrétaire National de la CFDT
« La transition écologique ne se fera pas contre mais avec la population »
Daniel Verger, responsable Recherche, études et opinion au Secours catholique – Caritas France
« Agir contre le dérèglement climatique et agir pour la justice sociale sont deux combats qui convergent : pas de justice sociale sans transition écologique et pas de transition écologique sans justice sociale ».

Manifeste pour concilier transition écologique et justice sociale
Le mois dernier, des mobilisations sans précédent émergeaient dans toutes les régions de France pour appeler à un sursaut pour le climat et la préservation de la vie sur Terre. Cette semaine, des actions de blocage de routes sont annoncées contre l’une des mesures incontournables de la lutte contre le changement climatique. Loin de la contradiction apparente, nous affirmons ici que transition écologique et justice sociale sont compatibles. Elles se renforcent même mutuellement.

Sortir de notre dépendance au pétrole, un impératif vital !

Représentant près des deux tiers de nos émissions de CO2, le chauffage de nos foyers et notre consommation de carburants arrivent en tête des leviers sur lesquels agir. Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2017 et les problèmes de santé liés aux pollutions ne cessent de s’aggraver. Selon un récent rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 2016, plus des trois quarts des enfants en France ont respiré un air pollué au-delà des normes de l’OMS. Cette situation est intenable, et l’un des principaux défis de la décennie à venir est de sortir d’une dépendance aux énergies fossiles qui nous rend vulnérables, tant sur le plan de la santé et de l’environnement, que sur le plan économique : le pétrole compte à lui seul pour 60% de notre déficit commercial.

Voilà pourquoi nous souhaitons réaffirmer notre soutien plein et entier à la décision d’établir une hausse lisible du prix du carbone sur 5 ans et la suppression de la niche fiscale dont bénéficie le diesel. Cette hausse du prix carbone est en effet indispensable pour orienter le choix des consommateurs et des entreprises vers des achats économes en énergie et peu émetteurs de gaz à effet de serre, et garantir la rentabilité de leurs investissements.

Donner à chacun les moyens d’agir

En revanche, pour que la fiscalité fasse pleinement effet, l’ensemble des ménages doit pouvoir répondre à l’appel au changement. La hausse du prix du baril de pétrole, qui représente à elle seule plus de 70% de la hausse des carburants subie par les Français durant les douze derniers mois, pose comme jamais la question de l’accompagnement pour sortir de notre dépendance au pétrole. Le produit des taxes prélevées au nom de la lutte contre le changement climatique doit être utilisé autrement pour permettre de donner à chacun les moyens de prendre part à la solution climatique, avec une attention prioritaire vis-à-vis des personnes ayant de faibles revenus : lutter contre les passoires énergétiques, faciliter un accès aux véhicules peu polluants et économes, développer les alternatives à la voiture individuelle (transports en commun, co-voiturage, vélo électrique…) au-delà des centres-villes, etc.

Les recettes des taxes sur les pollutions sont au cœur de la solution. Dès 2019, la taxe carbone pourrait rapporter 2,8 milliards d’euros de plusqu’en 2018. Et en 2022, la taxe carbone rapportera 15 milliards d’euros de plus qu’en 2017, et ce, sans même prendre en compte la suppression, qu’il faut viser, des exemptions actuellement accordées à des secteurs pourtant ultra-polluants, de l’aérien au transport de marchandises sur route.

Au dela des mesures d’urgences, s’attaquer aux racines de notre dépendance

Nous appelons le gouvernement à apporter des réponses d’urgence. Mais que cela ne serve pas à acheter la paix sociale pour que tout recommence comme avant. Il est temps de s’attaquer aux racines du problème, celles qui nous enferment dans le piège du pétrole.

Pour aider au plus juste, il faut commencer par regarder en face la variété des situations. Entre l’obligation de prendre sa voiture pour aller travailler à 40 km de chez soi et la prendre pour faire 1 500 mètres [1], il ya une différence. C’est pour ceux qui n’ont pas le choix qu’il faut trouver une alternative. Cela suppose une transformation profonde et accélérée de l’offre automobile – du véhicule électrique en passant par les offres de co-voiturage – et la manière dont les zones de vies s’organisent sur les territoires, pour limiter les déplacements et favoriser les alternatives telles que le ferroviaire et le vélo électrique. Quant au poids du chauffage sur le budget comme sur le climat, c’est un nouveau dosage entre obligations à agir et accompagnement financier très fortement renforcé qui permettra à chacun de profiter d’un foyer digne.

Il est temps de coupler les aides comme les investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone

Cet épisode de colère montre la nécessité de construire un nouveau contrat politique avec les Français, autour de la fiscalité verte. En marge de la trajectoire de neutralité carbone, construisons une véritable trajectoire des investissements et des mesures d’accompagnement pour la transition écologique. La justice sociale est une de nos meilleures chances de réussir cette transition et sortir du piège de la dépendance au pétrole.

Signataires :

Alain Bazot, président de l’UFC Que Choisir
Marie-Andrée Blanc, présidente de l’UNAF
Pascal Canfin, directeur général du WWF-France
Bruno Gazeau, président de la Fédération Nationale des Usagers des Transports
Gilles Lacan, président de Rassemblement pour la Planète
Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT
Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme
Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat
Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre
Nadir Saïfi, président d’Ecologie Sans Frontière
Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours Catholique
François Veillerette, directeur de Générations Futures

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