Ouest Afrique : la dégradation environnementale coûte 3,8 milliards par an

Au Sénégal, les habitants ont vu la mer éroder plus de 200 mètres de côtes ces vingt dernières années. (LE MARIN)
Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, la dégradation environnementale des zones côtières coûterait au total 3,8 milliards de dollars par an au Bénin, à la Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo, soit l’équivalent de 5,3 % du PIB global des quatre pays.

Le littoral ouest-africain regroupe près d’un tiers de la population de la région et génère 56 % de son produit intérieur brut (PIB). Il abrite des zones humides précieuses, des zones de pêche, des réserves de pétrole et de gaz. Cependant, ces zones sont soumises à de fortes pressions : tourisme développé, urbanisation fulgurante, infrastructures artificielles et extraction de sable. Sans compter le changement climatique et les risques de catastrophe qui en découlent.

Conséquences de cette dégradation environnementale qui englobe érosion, inondation, pollution de l’eau et de l’air et déchets : des dommages graves aux écosystèmes (mangroves, habitat marin), un recul côtier et … des pertes d’actif. L’érosion a en effet coûté près de 1 milliard de dollars aux quatre pays (voir graphique ci-dessous). Au Bénin, cette dégradation se chiffre à 229 millions de dollars, soit l’équivalent de 2,5 % de son PIB. Les inondations et l’érosion sont les principales formes de dégradation, représentant plus de 60 % du coût total. Le phénomène demeure inégal selon les régions. L’étude estime que 56 % du littoral du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo est soumis à une érosion moyenne de 1,8 mètre par an. Le Bénin, particulièrement exposé à l’érosion, perd quant à lui en moyenne 4 mètres de rivage par an sur 65 % de ses côtes.

 

19,9 milliards d’euros mobilisés

 

En outre, la dégradation environnementale provoque plus de 13 000 décès par an, principalement dus à la pollution de l’air et de l’eau. Au Sénégal, on compte 4 400 décès par an, principalement des enfants de moins de 5 ans.

Afin d’aider les pays à faire face à ces défis et à préserver leur littoral, la Banque mondiale a lancé en 2018 le programme de gestion des zones côtières d’Afrique de l’ouest (Waca). Ce programme finance notamment la construction de mesures de protection, la restauration des mangroves et le traitement de déchets pour restaurer l’écosystème et lutter contre la pollution de l’océan.

Lors du One Planet summit, qui s’est déroulé le 14 mars à Nairobi, la Banque mondiale a annoncé qu’elle mobiliserait 19,9 milliards d’euros (22,5 milliards de dollars) pour financer des mesures d’adaptation et d’atténuation liées au changement climatique en Afrique. Cette annonce détaille en partie son engagement, lors de la Cop 24, d’investir 177 milliards d’euros en faveur d’actions climatiques sur la période 2021-2025.

Mélanie CHARTIER

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