le stress modifie le sexe des poissons (IFREMER)

Le stress masculinise les poissons, montre une étude parue ce mardi 2 avril. Le projet « bar, sexe et stress » teste l’effet de plusieurs facteurs apaisants, à Palavas-les-Flots. Notamment la lumière bleue. (Photo : Ifremer)

Le stress masculinise les poissons, montre une étude parue le mardi 2 avril. Le projet Bar, sexe et stress teste l’effet de plusieurs facteurs apaisants, à Palavas-les-Flots. Notamment la lumière bleue. (Photo : Ifremer)

Limiter le stress des poissons pour avoir plus de femelles

Il est courant, chez les jeunes poissons, qu’une femelle devienne mâle. Le stress est davantage en cause que la température, selon un article publié le 2 avril dans Trends in ecology and evolution. L’Ifremer teste ce phénomène pour le bar à la station de Palavas-les-Flots. Réduire le stress permettrait d’avoir plus de femelles dans les élevages.

Chez les mammifères et les oiseaux, la génétique détermine le sexe. Mais pour d’autres vertébrés comme les poissons et les reptiles, l’environnement joue.« Nous nous sommes récemment aperçus que chez les poissons, tous les facteurs environnementaux pouvant être perçus comme stressants conduisent à la masculinisation des individus chez les différentes espèces étudiées. Par exemple la forte température, la densité ou l’acidité de l’eau », indique Benjamin Geffroy, chercheur de l’Ifremer, cité dans un communiqué.

Or les pisciculteurs préfèrent avoir des femelles : souvent minoritaires dans les élevages de bars, elles ont de bien meilleurs taux de croissance. Ils appliquent déjà un protocole pour varier la température selon le développement des larves, mis au point via le projet européen Sushifish. Inconvénient : l’eau froide ralentit aussi la croissance.

Depuis mars, la station de Palavas teste l’influence de trois autres facteurs sur des lots de larves de bar (projet 3S, Seabass, sex and stress) : une lumière bleue apaisante, une nourriture enrichie en triptophane (précurseur de la sérotonine, l’hormone du bonheur) et une densité faible. Le stress est suivi en mesurant le taux de cortisol, hormone produite en cas de stress, dans les écailles et l’eau. L’expérimentation durera un an. Les poissons, d’actuellement 1 cm, auront alors atteint près de 20 cm et leur sexe sera déterminé.

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