A Montpellier , Quatre régions défendent l’éolien fottant

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On savait le monde de l’éolien flottant très déçu par les annonces de la PPE.

Quand à l’automne 2018 est tombée l’annonce par le gouvernement de la programmation pluriannuelle de l’énergie 2019/2028, le monde de l’éolien flottant a dit son mécontentement. La part réservée aux appels d’offre du secteur ne pouvait satisfaire les six régions littorales hexagonales avec une proposition de 5GW en service en 2028 alors que les professionnels en attendaient 10. Le SER (syndicats des énergies renouvelables ) et FEE (France énergie éolienne) avaient alors vivement réagi. Depuis, le lobby s’est intensifié auprès du gouvernement et plus particulièrement auprès de François de Rugy, ministre de la transition écologique.

En ce mois d’avril 2019 à Montpellier se tient pour la première fois la rencontre FOWT qui se déroulait jusqu’à présent à Marseille. Au coeur de cette rencontre internationale de très haut niveau, quatre régions françaises insatisfaites ont réaffirmé leurs exigences. Réunies dans la même conférence de presse, Sud, Occitanie, Bretagne et Pays de la Loire ont rappelé qu’elles se serrent les coudes pour obtenir des promesses d’installation qui justifieront les nécessaires aménagements portuaires et industriels à venir. Si tout se passait bien (entendez si aucun empêchement administratif ne venait s’y opposer) , selon les prévisions, quatre fermes pilotes doivent être en exploitation dès 2021 produisant chacune 25MW . Leurs installations continuent de progresser : les zones d’implantation sur 3000 km2 sont définies accompagnées des études d’impact sur l’avifaune, la visibilité des appels d’offre doit s’affirmer pour garantir la suite, le passage aux fermes commerciales et à la production, soit une centaine d’éoliennes vers Marseille et 130 vers Port la Nouvelle

Cet engagement des quatre régions en une seule requête « prouve que les industriels portuaires sont en ordre de marche et ce portage politique commun doit créer un climat de confiance » précise la CCI Marseille Provence, « nous ne travaillons pas pour une production régionale. Nous défendons une production française et la première année a besoin d’un coup de pouce. ….N’’oublions pas combien peut coûter un retard de décision et comment à ce jeu, la France s’est faite doubler par la Chine dans le solaire. » rappelle Carole Delga, présidente de la région Occitanie

Mais le lancement de l’éolien flottant n’est pas une mince affaire. Dans ce bateau, il n’y a pas que les producteurs de moulins. Le colloque était là pour débattre de la chaine des défis Des investissement très importants doivent être faits face au flou de l’avenir : Pourra t on livrer des unités fabriquées en France, ou en Europe (Ecosse notamment) à coût intéressant ? Verra t on des modèles se développer dans le monde avec assemblage en Europe ? Y aura t il un marché important ?.Jérôme Ribuot pour la SAIPEM en témoigne : « on avait investi en Indonesie pour le pétrolier et aujourd’hui c’est l’éolien , donc oui il faut oser et depuis l’Indonésie nous envisageons de nous implanter en Californie. » On sent la nécessité de souplesse pour une industrie lourde

Matthieu Monnier de la FEE a rappelé que la France travaille encore à définir les besoins des industriels et surtout à évaluer la faisabilité des projets. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) doit être présentée au Conseil Supérieur de l’Énergie le 14 mai avant d’être débattue au Parlement. Idéalement, le gouvernement espère une publication dans l’été. Mais pour l’heure, le débat est toujours ouvert. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la révision de la PPE continue de faire débat au sein des professionnels du milieu de l’énergie.  L’investissement pour les ports est énorme : 220M d’euros ont été investis à Marseille, 150M à Port la Nouvelle, et Brest avec 220M multiplie les espaces d’action…Or on sait qu’en France entre appel d’offre et mise en service il faut entre 6 et 7 ans . Il convient donc de réfléchir aux technos qui seront prêtes pour dans 7 ans et déjà à des turbines de 15 MW à Dunkerque.

Il faut deux ans pour conduire à bien un projet de 500MW , que fera le port une fois ces deux années passées ? Pour maintenir l’ équilibre entre le projet et la survie du port il est indispensable de réfléchir et construire des projets complexes qui intègrent de la valeur ajoutée pour les ports.

Dominique Martin Ferrari

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