l’IPBES a rendu ce jour son verdict:Une image inquiètante , un million d’espèces animales et végétale s menacées de disparition

Depuis une semaine l’iPBES travaille à l’écriture d’un manuel à usage des décideurs et politiques pour influer les programmes de protection de la biodiversité, espérant ainsi jouer le même rôle que les chercheurs du GIEC qui ont aidé à conduire les COP climat. Pour la première fois depuis le millenium assessment (2005) est évaluée la trajectoire de développement économique et d’impact sur la nature (on ne parle donc plus d’évolution mais bien d’impacts humains: de la production agricole, de la pêche, de la production de bioénergie et de la récolte de matériaux : bois , mines…. )

La première destinée politique de ce rapport sera le G7 (les pays les plus riches et les plus pollueurs de la planète) qui se déroule à Metz . Ensuite il sera soumis à la reflexion des états du monde entier, viendra sans doute alimenter les travaux de l’UICN et surtout la COP 15 en Chine en 2020 , dix ans après la signature du Protocole de Nagoya et l’adoption des 20 objectifs d’Aïchi.

Naissance du nouveau concept de « changement transformateur »

Que nous dit ce rapport ?

Rien de bien nouveau pour ceux qui connaissent les textes fondateurs d e l’écologie. Mais 40 ans plus tard on passe d’une approche utopiste à un constat réaliste , d’un discours pour initiés à un nouvel ordre mondial.

Nous n’insisterons ici que sur ce qui nous parait ouvrir de nouvelles voies puisqu’il fait 1500 pages , six chapitres, toutes les données et qu’il vaudra mieux l’étudier point par point à sa parution en cours d’année

Dès à présent retenons que contrairement à de nombreux avis, les scientifiques nous incitent à agir « il en est encore temps à condition de le faire à tous les niveaux, du local au mondial » par des « changements transformateurs » (nouveau concept à retenir) : on entend par changement transformateur un changement fondamental à l’échelle d’un système qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques, et sociaux. Les petits gestes et les protections locales ne suffisent plus même si quelques pages plus loin le rapport reconnaît que les protections les plus efficaces sont celles des peuples autochtones (sur 35% de la planète) , aussi bien en milieux terrestres que marins. Simplement il faut lire ce rapport sous le prisme de notre civilisation dite de « progrès » et particulièrement destructrice.

Selon le rapport pas de changement d’ici 2050 et « les objectifs pour 2030 ne pourront être atteints que par un changement transformateur dans les domaines de l’économie, la société, la politique et la technologie ». Les auteurs du rapport ont examiné six scénarios politiques – des « paniers » très différents d’options et d’approches politiques regroupées, notamment « Concurrence régionale », « Business as Usual » et « Global Sustainability » – projetant les impacts probables sur la biodiversité et les contributions de la nature à l’homme. d’ici 2050. Ils ont conclu que, sauf dans les scénarios qui incluent un changement transformateur, les tendances négatives de la nature, des fonctions de l’écosystème et de nombreuses contributions de la nature à la population se poursuivront jusqu’en 2050 et au-delà, en raison des effets projetés de l’augmentation des ressources terrestres et marines. utiliser le changement, l’exploitation des organismes et le changement climatique. L’opposition d’intérêts personnels peut être vaincue pour le bien public.

En vue de créer une économie mondiale durable, l’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux a été identifiée comme un élément clé des politiques futures plus durables. Le rapport reconnaît enfin « le paradigme actuel trop limité de la croissance économique »

Pour la première fois depuis la signature de la convention biodiversité en 1992 et les premiers liens entre environnement et développement, les scientifiques soulignent que pour « comprendre les dommages causés à la biodiversité, il faut comprendre l’histoire et les interconnexions mondiales entre les facteurs indirects complexes de changement démographique et économique, ainsi que les valeurs sociales qui les sous tendent » (Lire : accords commerciaux, augmentation de la population, augmentation de la consommation par habitant, gouvernance et responsabilité politique)

Au temps T d’aujourd’hui, quatre facteurs dans l’ordre suivant de responsabilité sont épinglés : -1) changement d’usage des terres et des mers, 2) exploitation directe de certains organismes,3) changement climatique,4) pollution, 5) envahissantes. L’impact du réchauffement pourrait prendre la tête des causes de destruction au fil de l’augmentation de la température

Clairement les atteintes à la biodiversité seront des freins au défi des ODD : pauvreté, faim (33% des stocks de poissons sont sur exploités), santé, eau, villes (x2), climat, océans et sols.

– Des exemples : Un tiers de la surface terrestre et 75% des ressources en eau sont destinées à l’agriculture ou à l’élevage

– La dégradation des sols a réduit de 23% la productivité de l’ensemble de la surface terrestre mondiale

– Nouveaux risques : disparition des pollinisateurs, inondations, cyclones, perte d’habitats côtiers

Conseils : adopter des gestions intégrées, des approches intersectorielles (et notamment compromis entre agriculture et énergie)

DMF

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