l’eolien flottant en Méditerranée: prêt au départ

Midi Libre a organisé son premier LittoLab autour de cette thématique en vogue à l’occasion du FOWT

C’est sans doute le futur de l’énergie que sont venus présenter plusieurs spécialistes ce jeudi, à l’occasion du premier LittoLab, événement autour de la thématique maritime organisé par Midi Libre à Montpellier. Devant grand public et professionnels, réunis au Corum, ces acteurs de la filière ont fait un état des lieux de l’éolien flottant en mer et ont présenté ses enjeux, à l’échelle de la région mais également du territoire national.

1 mégawatt peut alimenter 2 000 personnes

Le secteur est prometteur : un mégawatt peut alimenter 2 000 personnes. La France est un « pays à la pointe », selon Guy Herrouin, en charge de la stratégie au Pôle Mer Méditerranée, venu exposer les raisons de ce développement. Car dans le monde, seules dix éoliennes flottantes ont été installées, dont une en France, au large du Croisic, en Loire-Atlantique. Constituant un prototype, elle a « produit de l’électricité et a tenu l’hiver, avec les tempêtes », s’est réjoui Thomas Soulard, ingénieur faisant partie du projet.

Quatre projets pilotes ont été décidés en 2016 pour la France, dont deux en Occitanie, au large de Gruissan et Port-la-Nouvelle, à 18 km des côtes. « Plus on est loin des côtes, plus le vent est fort et régulier, et moins il y a de fréquentation », explique Guy Herrouin. Le flotteur, la base de l’éolienne, peut se constituer d’acier ou de « béton à 100 %, qui vient de Port-la-Nouvelle », a insisté Laurent Tokarski, chef de projet offshore Eolmed au sein du groupe Quadran Energie Marine.

Le développement de la richesse locale constitue un atout indéniable. Même constat pour le pilote mis en place dans le Morbihan (Bretagne) par Eolfi : Stéphane Bozzarelli, chargé de développement au sein de l’entreprise, précise lui aussi qu’ils ont « beaucoup de contenu local, comme les flotteurs métalliques ».

Environnement

L’implantation d’éoliennes en mer impliquait nécessairement de « calculer son incidence, en se basant sur la valeur patrimoniale des espèces », a précisé Julien Ringelstein, chef de projet en milieu marin au sein du bureau d’études Biotope. Le risque sur la vie de la faune s’articule autour des espèces pouvant être impactées. Si, sous l’eau, « l’effet réserve attire les poissons et micro-organismes », les proies pour les oiseaux sont alors plus nombreuses, et ces derniers fréquentent davantage cette zone, comportant des risques de collision. Mais tout est étudié pour « utiliser cette zone au niveau marin et terrestre ».

Les spécialistes espèrent une réelle visibilité, et non uniquement des projets pilotes. L’ambition, à l’horizon 2050, est de trois gigawatts d’éolien flottant, « l’équivalent de trois tranches nucléaires en puissance », affirme Stéphane Bozzarelli. La relève n’est plus si loin.

LOLA THIERRY (midi libre)

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