vu dans « le marin » : la pollution plastique de la méditerranée vient en grande partie de la France

À la veille de la journée mondiale de l’Océan, le 8 juin, le WWF publie un nouveau rapport qui dresse un constat alarmant sur la pollution plastique en Méditerranée et épingle la responsabilité des 22 pays méditerranéens, dont la France, le plus important producteur de déchets plastique de la région.

Le WWF estime qu’un quart des déchets plastique de la région méditerranéenne sont rejetés dans la nature chaque année, dont 600 000 tonnes finissent dans la mer. Le rapport identifie précisément la contribution de chaque pays méditerranéen à cette pollution et épingle la France comme le plus important producteur de déchets plastique de la région, avec 4,5 millions de tonnes de déchets plastique produits en 2016, soit 66,6 kg par personne. 76 % de ces déchets sont incinérés ou enfouis et seulement 22 % sont recyclés. Le taux de mise en décharge, non recyclé, est particulièrement élevé à Marseille (40 %) et en Corse (75 %).

La France est également le troisième plus gros émetteur de CO2 avec 35,4 millions de tonnes issues de la production, du recyclage et de l’incinération des plastiques en Méditerranée. Le pays contribue au total au rejet de 80 000 tonnes de plastique dans la nature chaque année, dont plus de 10 000 entrent en mer Méditerranée impactant les écosystèmes marins. Bien qu’elle ne représente que 0,7 % de la surface des océans, 18 % de la faune marine mondiale peuplent les eaux méditerranéennes dont une concentration unique de grands cétacés : on en recense 18 espèces, notamment présentes dans le sanctuaire Pelagos créé en 1999 par la France, l’Italie et la principauté de Monaco.

Les derniers résultats de la mission scientifique Cap cétacés menée dans le sanctuaire par le WWF France révèlent d’ailleurs une contamination inquiétante des cétacés par les phtalates (composés chimiques présents dans les produits plastique).

Dans le détail, 11 % des plastiques échouent sur les fonds marins et 21 % de la pollution plastique déversée par la France en Méditerranée revient sur ses côtes en l’espace d’un an.

 

Quelles solutions mettre en place ?

 

Et la pollution marine n’atteint pas que les écosystèmes, elle lèse également les activités maritimes. Dommages faits aux moteurs des bateaux, obstruction des voies navigables, retards causés par les filets de pêche remplis de plastique, inquiétude du public lié à la toxicité potentielle des fruits de mer… Le WWF estime ainsi que la pollution plastique coûte à la France environ 73 millions d’euros par an, en affectant les secteurs du tourisme, du commerce maritime et de la pêche. Les déchets proviennent en grande partie des activités côtières (79 %) et par corrélation de l’impact du tourisme.

Aucun pays n’est cependant exempt de responsabilité. Selon le WWF, les 22 pays de la région génèrent 24 millions de tonnes de déchets plastique, dont 42 % sont enfouis, 14 % incinérés et 16 % seulement recyclés. Les 28 % restants ne sont pas gérés (non collectés, en décharges non contrôlées ou à ciel ouvert).
Face à ce constat alarmant, le WWF considère les mesures françaises « trop limitées pour réduire la production et l’utilisation de plastique » et appelle le gouvernement à annoncer des réglementations fermes dans le cadre de la loi anti-gaspillage qui sera présentée début juillet en conseil des ministres. Il faut, selon l’ONG notamment étendre les interdictions et restrictions existantes relatives aux articles à usage unique, interdire totalement la mise en décharge des déchets recyclables, développer le réemploi et assurer 100 % de recyclabilité des plastiques.

Mélanie CHARTIER

 

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