café débat au Dôme: écologie et urbanisme

Montpellier Mardi 27 Mars. La tradition des cafés débats reprenait au Dôme sur le thème de l’écologie et de l’urbanisme, à l’initiative d e JL Roumegas (EELV, ancien député).

Salle comble et présence de nombreuses associations invitées à témoigner.

JL Roumegas commença par poser les grands repères : « nous devons avoir une vision globale pour définir l’avenir urbanistique sur l’ensemble de la métropole. Aller vers une reprise en main de ce thème par les citoyens laissé aux experts. Notre métropole est soumise à une pression démographique en constante augmentation.

Le nouveau SCOT garde un peu de la vision ancienne de l’étalement urbain, sans travail sur les quartiers existants. La fin du versement de la taxe professionnelle aux communes a heureusement endigué la concurrence entre communes mais malheureusement n’a pas mis fin à la spécialisation de l’espace , au zonage qui conduit à l’usage trop important de la voiture. La logique n’a pas changé, la ville mixte n’est toujours pas pensée. Il faut arrêter les lotissements, la construction des pavillons individuels au profit d’une contrepartie immédiate de densité collective avec des offres alternatives à la voiture. »

Plusieures luttes locales associatives ont été évoquées 

– Claire Catala a évoqué les 34 ans de lutte de ST Jean de Vedas contre les projets autoroutiers et routiers, l’objectif de sanctuarisation des terres agricoles (vignes et vergers) et la volonté de dessiner la fameuse ceinture verte. Pour cela, il conviendrait de stopper l’extension urbaine, d’utiliser l’idée d’un PAEN en opposition aux ZACs , d’influer sur le SCOT en révision jusqu’à Juin 2019, de transformer les 50% de friches agricoles délaissées en lieux de ventes des produits des circuits courts et sensibiliser « au regard inversé » celui de la pénétration de la campagne dans la ville.

– Ce fût aux tour des luttes autour du parc Montcalm : Comment sauvegarder cet espace vert si tentant pour les promoteurs ? « l’information n’est pas transparente, nous n’avons pas accès aux dossiers » se sont plaints les responsables. Des arbres vont être coupés, 600 logements construits sur pilotis à côté du cours d’eau pour anticiper les inondations, une rétention d’eau est considérée comme espace vert. « A un moment il faut décider que l’on conserve du vert, le sacrifice d’un espace vert est irréversible »

– Cathy a évoqué le travail du collectif Oxygène (13 assoc.) créé il y a quatre ans contre le projet de centre commercial « Oxylane » à Saint Clément de Rivière. L’association vient de remporter une petite victoire contre Decathlon, mais le projet se poursuit sur les terres agricoles qui ont été déclassées. Oxygène développe des projets alternatifs de maraichage ou de productions fruitieres pour alimenter cantines et maisons de retraites , malheureusement encore sans volontaires pour s’y installer

– De St Clément nous sommes passés à Mauguio qui depuis 11 ans se bat contre les projets d’urbanisation considérant que « notre plaine a pour mission de nourrir la métropole »,poursuivant ses luttes contre les expropriations et les compensations promises par la mairie.

– Jean Paul Andrieu pour « non au béton » qui existe depuis 2007 appuie la justesse de ces combats ; soutient les initiatives n’hésitant pas aux recours devant le Conseil d’Etat « Nous disposons d’une richesse en biodiversité exceptionnelle, il faut densifier le long des axes routiers et non en emprise sur la campagne, que les politiques ménagent davantage de concertation, que se dessine vraiment la ceinture verte, que soient soutenus l’instauration des circuits courts en vue d’une plus grande autonomie de la métropole. ».

S’est engagé en conclusion un débat sur la nécessité de rassembler ces luttes locales en une vision globale, d’apprendre à se méfier du greenwashing véhiculé par certains modèles vendus clé en main aux élus : AEU, écoquartier….

« Une ville est le fruit d’une culture, d’une histoire, des hommes et des femmes qui l’habitent. Les modèles ne répondent pas à ces spécificités. Et malheureusement la France exporte ses modèles de ville au cœur de ses territoires mais aussi à l’international. »

L’urbaniste Luc Doumenc n’a pas hésité à rappeler « qu’urbanistes et architectes ne sont que des mercenaires, au service de ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».Nous ne sommes pas encore sortis de la charte d’Athènes et de sa vision fonctionnaliste.

Dans l’Hérault 50% de la population seulement vit dans les métropoles. Il faut Stopper cette volonté des métropoles de vouloir toujours grossir « de vouloir aller jusqu’à la mer , de passer du 8° rang au 7° et au delà » et le groupe s’est quitté sur cette promesse d’embrasser une vision plus globale, vers une bio région capable de résilience, et pourquoi pas de repenser la ville dans son territoire comme le font les territorialistes italiens de Prato.( https://villeresiliente.org/2012/01/22/idf-bio-region-urbaine/)

A suivre….

D Martin ferrari

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