Les taxes sont insuffisantes selon l’OCDE, pour être dissuasives

Selon l’OCDE, l’imposition des combustibles polluants est trop faible pour favoriser l’essor des solutions bas carbone

 

Taxer les sources d’énergie polluantes est un moyen efficace de réduire les émissions nocives pour la planète et la santé humaine. Les revenus ainsi générés peuvent faciliter la transition bas carbone des ménages vulnérables. Pourtant, dans les économies avancées et émergentes, 70 % des émissions de CO2 liées à l’énergie échappent à toute forme de fiscalité, ce qui n’incite guère à privilégier les sources plus propres. C’est le constat que l’OCDE dresse dans un nouveau rapport.

À l’heure où un sommet de l’ONU sur le changement climatique réunit les dirigeants politiques du monde entier sur fond de montée de la pression publique en faveur d’une action plus rapide, le rapport Taxer la consommation d’énergie 2019 présenté en avant-première révèle que, dans 44 pays responsables de plus de 80 % des émissions d’origine énergétique, les taxes sur les sources polluantes d’énergie sont très loin des niveaux requis pour amoindrir les risques et les effets du changement climatique ou pour réduire la pollution atmosphérique.

Quoique relativement élevées, les taxes sur les carburants routiers tiennent rarement compte de l’intégralité du coût induit par les atteintes à l’environnement ; certaines composantes du secteur des transports routiers bénéficient même de taux préférentiels. Dans la plupart des pays étudiés, le charbon, qui est à l’origine de près de la moitié des émissions de CO2 d’ordre énergétique, n’est que peu ou pas taxé alors que le gaz naturel, pourtant plus propre, l’est souvent davantage. Dans le transport aérien et maritime international, la non-taxation des carburants fait que ceux qui voyagent souvent sur les vols long courrier ainsi que les compagnies de fret maritime ne paient pas leur dû.

« Nous le savons, il faut consommer moins de combustibles fossiles, mais les taxes sur les combustibles les plus polluants à un niveau nul ou proche de zéro n’incitent guère au changement », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. « Les taxes énergétiques ne sont pas la seule solution, mais nous ne pouvons pas enrayer le changement climatique sans elles. Elles devraient être appliquées de manière équitable au service du bien-être et de la transition énergétique des populations vulnérables. »

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