Communiqué de soutien aux salariés d’Ubisoft Montpellier

En tant que député de l’Hérault et tête de liste du Printemps montpelliérain pour les élections municipales à Montpellier, je tiens à apporter publiquement mon plein soutien aux salariés d’Ubisoft Montpellier, actuellement mobilisés par un mouvement de grève de trois jours, ainsi qu’à leurs représentants syndicaux, que j’ai reçus récemment à leur demande.

Le site de Castelnau-le-Lez constitue un pôle majeur de l’industrie du jeu vidéo sur notre territoire, avec près de 460 salariés, sur les 3 800 que compte l’entreprise en France et les 17 000 dans le monde. Ubisoft est un fleuron français du jeu vidéo, solidement implanté à Montpellier, et dont l’activité participe pleinement au dynamisme économique, culturel et technologique local.

Les salariés dénoncent aujourd’hui une dégradation préoccupante de leurs conditions de travail ainsi que des pratiques managériales jugées inadaptées aux enjeux du secteur. Parmi les points d’alerte majeurs figure la remise en cause progressive du télétravail : passé de trois jours hebdomadaires à deux depuis septembre, il pourrait désormais être supprimé. Cette orientation va à rebours des réalités du secteur du jeu vidéo, où le travail à distance est non seulement possible mais pertinent.

En tant que député écologiste, je rappelle que le télétravail constitue également un levier concret de réduction de l’empreinte carbone : moins de déplacements contraints, du temps de vie gagné, et une organisation du travail modernisée. Si un secteur aussi numérisé que celui du jeu vidéo ne peut en bénéficier, on peut légitimement s’interroger sur les secteurs qui y seraient, eux, éligibles.

Au-delà de cette question, les représentants du personnel évoquent un management trop vertical, un déficit d’écoute et un manque de dialogue social, qui fragilisent la capacité de production et la qualité des projets. Or, après la période d’euphorie économique qu’a connue le jeu vidéo durant la crise sanitaire, le secteur revient aujourd’hui à un rythme plus normal, nécessitant adaptation, innovation et qualité — ce qui suppose des conditions de travail respectueuses et un dialogue interne renforcé.

Pour des raisons à la fois sociales et stratégiques, il est essentiel que l’État comme les collectivités territoriales se préoccupent de la situation. Le secteur du jeu vidéo bénéficie de soutiens publics importants — crédit d’impôt recherche, crédit d’impôt jeu vidéo, politiques d’implantation territoriale — qui doivent aller de pair avec des exigences en matière de qualité de l’emploi et de dialogue social.

Derrière l’image d’un secteur dynamique, des fragilités existent. Nous devons collectivement veiller à préserver ces emplois qualifiés et l’ancrage territorial de cette filière stratégique, afin d’éviter tout risque de désengagement ou de délocalisation.

C’est pourquoi j’appelle la direction d’Ubisoft à renouer un dialogue social de qualité, à entendre les revendications exprimées et à engager les évolutions nécessaires. Pour ma part, je réaffirme mon soutien plein et entier aux salariés mobilisés, dont les combats sont légitimes et portent l’avenir même de la filière sur notre territoire.

Jean-Louis Roumegas

Député de l’Hérault

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