Gironde: le projet fou de pure Salmon

Une réflexion intense se mène aujourd’hui autour de l’aquaculture L’aquaculture est le pire et le meilleur . Le meilleur puisqu’elle peut fournir les protéines nécessaires à la population mondiale. Mais elle est devenue le pire car en s’intensifiant elle se transforme en fléau environnemental : utilisation d’antibiotiques, rejets dans les eaux et propagation des maladies, Destruction des milieux naturels comme les mangroves, et  surtout amplification de la surpêche car il faut nourrir les poissons d’élevage par des farines à base de poissons et de crustacés de bas niveau trophique comme la sardine et le sprat ou le krill. 

Aujourd’hui en France, la Ministre de l’environnement Monique Barbut , ancienne présidente du WWF France, consciente des problèmes de surpêche,  s’élève contre le projet Pure Salmon en Gironde « A titre personnel, je ne suis pas favorable », précise M Barbut, interrogée sur le projet de l’entreprise Pure Salmon, lors d’une audition au Sénat. « Je me bats pour trouver des vrais projets d’aquaculture dans des rivières, au bord de nos côtes » mais « Pure Salmon n’est pas un projet d’aquaculture durable . »

Dans un Appel pour l’océan, 27 ONG ont aussi dénoncé ce projet « complètement démesuré » qui menace l’écosystème de l’estuaire, le plus grand et le plus sauvage d’Europe, qui pâtirait des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture locales. Financée par un fonds d’investissement singapourien, la société affirme que sa « technologie éprouvée » garantit « un impact maîtrisé sur la biodiversité », que « le bien-être animal est au cœur du projet » et que son approvisionnement obéit à des « normes strictes », assurant aux saumons une alimentation « responsable et traçable » On baigne dans le Greenwashing.

Ecoutez l’enquête menée par le journal REPORTERRE https://www.youtube.com/watch?v=h7sOU8af3xE

La société Pure Salmon implanterait son usine au Verdon-sur-Mer au bout de l’estuaire de la Gironde, pour produire 10.000 tonnes de saumon par an en créant 400 emplois, simplement parce que les français adorent le saumon et que 99% de la production est importée. « Je me trouve toujours face au même débat: environnement et souveraineté alimentaire ». a précisé la Ministre. 

Malgré ses réticences personnelles, elle a souligné que l’autorisation ou non de l’usine suivrait un « système de règles » en place. Le projet a déjà reçu un avis favorable de la commission d’enquête publique et le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) doit désormais donner son avis au cours des prochains mois, avant que le préfet délivre ou non une autorisation environnementale.