États-Unis : les renouvelables dépassent 30 % du mix électrique malgré Donald Trump
ByTecsol27 Août 20260294FacebookXPinterestWhatsApp

Le changement de cap énergétique imposé par l’administration Trump n’a pas encore interrompu la progression des énergies renouvelables aux États-Unis. Au premier semestre 2026, celles-ci ont produit environ 672 TWh d’électricité, soit 30,2 % de la production nationale. Le solaire constitue le principal moteur de cette croissance.
Donald Trump n’en veut plus, et pourtant les énergies renouvelables continuent de gagner du terrain aux États-Unis. Selon les dernières données publiées par l’Energy Information Administration (EIA), elles ont généré 672 TWh d’électricité au cours des six premiers mois de 2026, contre environ 606 TWh pendant la même période de 2025.
Leur production progresse ainsi de près de 11 % en un an. En incluant le photovoltaïque installé chez les particuliers et les entreprises, les renouvelables représentent désormais 30,2 % du mix électrique américain. Ces chiffres concernent uniquement la production d’électricité et non l’ensemble de la consommation énergétique du pays, encore largement dominée par les combustibles fossiles.
Le solaire progresse de près de 20 %
Le solaire enregistre la croissance la plus spectaculaire. Avec environ 227 TWh produits au premier semestre, sa contribution augmente de 19,5 % sur un an. Il couvre désormais un peu plus de 10 % de la production électrique américaine.
Ce total comprend environ 173 TWh fournis par les grandes centrales photovoltaïques et près de 53 TWh issus des installations de petite taille, principalement déployées sur les toitures résidentielles et commerciales.
L’éolien demeure toutefois la première source renouvelable du pays. Il a produit près de 269 TWh au premier semestre, soit 12 % du mix électrique national. Sa progression atteint 6,5 % par rapport à 2025.
L’hydroélectricité bénéficie également de conditions plus favorables. Sa production augmente d’environ 10 % pour atteindre 146 TWh. La biomasse et la géothermie complètent le bouquet renouvelable avec près de 30 TWh.
Réunis, le solaire et l’éolien ont produit près de 496 TWh d’électricité en six mois. Leur production dépasse ainsi de 58 % celle des centrales à charbon et de 27 % celle du parc nucléaire américain. Energy Information Administration
Le gaz reste largement en tête
Cette progression ne remet pas encore en cause la première place du gaz naturel. Les centrales à gaz ont généré environ 836 TWh au premier semestre, soit 37,5 % de l’électricité américaine. Leur production augmente même légèrement, de 1,8 %.
Le nucléaire occupe la deuxième place avec près de 389 TWh et une part de 17,4 %. Le charbon poursuit en revanche son recul : sa production chute de 11,3 %, à environ 314 TWh, et ne représente plus que 14,1 % du mix.
La dynamique varie fortement selon les États. Au Texas, qui possède le plus grand parc éolien du pays et développe rapidement le solaire et les batteries, l’EIA estime que les centrales photovoltaïques pourraient produire 78 TWh en 2026, contre seulement 60 TWh pour le charbon.
Le stockage accompagne l’essor du photovoltaïque
La croissance du solaire s’accompagne d’un déploiement accéléré des batteries. Environ 8,3 GW de capacités de stockage ont été ajoutés au cours du premier semestre 2026. Le parc américain approche désormais 52 GW, contre 43,6 GW à la fin de 2025.
Ces équipements permettent de conserver une partie de l’électricité photovoltaïque produite en milieu de journée pour la restituer en soirée. Ils contribuent également à stabiliser le réseau et à limiter les écrêtements lorsque la production renouvelable dépasse momentanément la demande ou les capacités de transport.
Les effets du virage politique restent à venir
Ces résultats peuvent sembler paradoxaux au regard de la politique menée par Donald Trump. Depuis son retour à la Maison-Blanche, son administration a suspendu les nouvelles concessions d’éolien en mer, renforcé le contrôle des projets solaires et éoliens utilisant des terrains fédéraux et engagé la suppression anticipée de plusieurs crédits d’impôt.
Mais les installations mises en service en 2025 et 2026 ont, pour la plupart, été autorisées, financées ou commandées sous l’administration précédente, notamment grâce aux aides de l’Inflation Reduction Act. Le premier semestre 2026 reflète donc encore largement l’élan industriel acquis avant le changement de politique fédérale.
Le véritable impact du tournant engagé par Donald Trump devrait devenir plus visible à partir de 2027 et 2028, lorsque le raccourcissement des dispositifs fiscaux et le durcissement des procédures commenceront à affecter les décisions d’investissement. Pour l’heure, la baisse des coûts, les politiques des États et les besoins croissants d’électricité continuent de porter le solaire, l’éolien et le stockage.
