Formation des entreprises au risque climatique

ESCP et Apave Climate School 

publient un Observatoire sur  l’adaptation des entreprises face au changement climatique

Aurélien Acquier, professeur à ESCP, et Jozef Cossey, professeur assistant à ESCP dévoilent les résultats d’un an de recherche consacré aux stratégies climatiques des entreprises : leur préparation et leur résilience dans un monde qui se réchauffe.

Le premier enseignement de l’Observatoire entreprises et adaptation au changement climatique, porte sur le décalage croissant entre le discours des organisations et la réalité des risques auxquels elles sont déjà confrontées.

Une actualité climatique qui rend l’urgence tangible

L’été 2026 n’a pas seulement confirmé les conclusions de ce rapport : il les a rendues tangibles. Entreprises et citoyens sont désormais en première ligne face au dérèglement climatique. Plus de cent communes ont dû être ravitaillées en eau potable par camions-citernes, des incendies ont brûlé plus de 115 000 hectares de forêts, et de nombreuses usines, exploitations agricoles et chantiers ont dû réduire leurs cadences, avancer leurs récoltes, suspendre leurs travaux ou réorganiser leurs horaires. Ces perturbations touchent aussi bien la capacité des salariés à travailler en extérieur que les chaînes logistiques, les modes de garde ou les transports et irriguent des secteurs aussi variés que la santé, l’industrie ou l’agriculture. 

Plusieurs analyses économiques publiées cet été convergent : la chaleur extrême pourrait amputer la croissance française de plus d’un point de PIB en 2026. Le gouvernement a quant à lui évoqué un coût direct et indirect de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros pour la seule saison 2026. « L’été que nous venons de vivre confirme ce que nous documentons dans cet observatoire : les entreprises ne peuvent plus se contenter de gérer le changement climatique comme un risque lointain et abstrait. C’est déjà une réalité opérationnelle », souligne Aurélien Acquier, co-auteur de l’étude.

Méfiez-vous de l’eau qui dort : sous le calme apparent, des risques s’accumulent

Et pourtant, la plupart des entreprises ont le sentiment d’avoir pris le sujet en main : reporting climatique en progrès, cadres réglementaires comme la CSRD, ratios de retour sur investissement souvent favorables pour les mesures de résilience. Mais cette image rassurante masque, selon l’observatoire, une réalité plus fragile. Alors que l’atténuation se mesure avec une précision croissante, l’adaptation demeure largement qualitative et peu comparable d’un rapport à l’autre. Par ailleurs, identifier et prendre en compte un risque peut coûter cher, alors que les bénéfices associés restent diffus. Résultat : un discours confiant en surface, pendant que les vulnérabilités s’additionnent.

Face à ces limites, l’étude propose une nouvelle grille de lecture des risques climatiques : le cadre « PUSH ». Cet acronyme désigne quatre caractéristiques structurelles qui distinguent les risques climatiques des risques traditionnels et expliquent pourquoi les méthodes classiques de gestion des risques peinent à les appréhender. Ils se déclinent ainsi : 

  • Prédéterminés : une partie du réchauffement à venir est déjà verrouillée par des décennies d’émissions passées.
  • Uniques : il n’existe pas de précédent historique permettant d’estimer précisément l’ampleur des dommages futurs.
  • Systémiques : les risques se propagent à travers les chaînes d’approvisionnement, les systèmes financiers, les infrastructures et les territoires, générant des effets en cascade difficiles à anticiper.
  • Hétérogènes : les risques varient fortement selon les zones géographiques, les secteurs et les modèles économiques.

Cette grille de lecture a une implication forte pour les entreprises : l’incertitude qui entoure les risques climatiques n’est pas un problème passager, appelé à se résorber à mesure que les données s’affinent. Elle est structurelle, inhérente à la nature même de ces risques. Aussi poussées soient les méthodologies de quantification, les entreprises ne pourront jamais éliminer entièrement cette part d’incertitude. Cela implique pour elles un changement de posture : plutôt que d’attendre des certitudes chiffrées avant d’agir, il s’agit d’apprendre à décider et à construire de la résilience dans un contexte où l’incertitude restera la norme.

Cinq recommandations pour passer de la réassurance à la fiabilité

Face à ce constat, l’Observatoire propose cinq recommandations à destination des entreprises pour mieux se préparer :

  1. Renforcer la compréhension des risques climatiques au plus haut niveau de l’organisation ;
  2. Apprendre à décider dans un contexte d’incertitude radicale
  3. Passer de l’exposition à la vulnérabilité, en s’appuyant davantage sur la connaissance de terrain des équipes opérationnelles ;
  4. Explorer des scénarios de rupture pour stress-tester la résilience réelle de l’organisation ;
  5. Organiser collectivement la fiabilité, en intégrant le risque climatique à la gouvernance et en développant des coopérations actives.

« Aucune entreprise ne peut s’adapter seule. Il ne s’agit pas d’éliminer le risque climatique, mais d’apprendre collectivement à vivre, décider et agir dans l’incertitude », résume Antoine Poincaré, Directeur général – Apave Climate School.

Un observatoire pour outiller les décideurs en entreprises

Issu de près d’un an de travaux associant chercheurs, experts et entreprises, et nourri de leurs retours d’expérience, cet observatoire s’adresse aux dirigeants, aux directions des risques, RSE et développement durable, ainsi qu’à l’ensemble des parties prenantes concernées par la résilience des organisations face au changement climatique.

Le rapport complet est disponible ici.



À propos d’Apave Climate School

La Climate School conçoit et délivre des formations pour accompagner les entreprises dans leur plan d’adaptation et de décarbonation. Lancée en 2021 avec pour mission de sensibiliser et mobiliser les salariés à grande échelle, elle a depuis été déployée chez plus de 350 clients. Avec plus de 300 modules pédagogiques disponibles en 9 langues, elle est devenue la référence des formations professionnelles sur les enjeux environnementaux. En 2026, elle devient Apave Climate School, filiale du groupe Apave.

À propos de ESCP

Fondée en 1819, ESCP est la plus ancienne école de commerce au monde. Depuis plus de 200 ans, ESCP s’engage à former des leaders responsables, audacieux et créatifs qui lancent des tendances, apportent des solutions nouvelles et établissent les codes de demain.

Les six campus de ESCP situés à Berlin, Londres, Madrid, Paris, Turin et Varsovie offrent aux étudiants l’opportunité de découvrir une approche européenne du management, basée sur le multiculturalisme. 

Chaque année, plus de 11 000 étudiants et 6 000 cadres de 140 nationalités rejoignent ESCP. La force de l’école réside dans la diversité des programmes de formation, qu’il s’agisse de management général ou spécialisé : Bachelor, Master, MBA, Executive MBA, Doctorat-PhD, et formation continue, tous intégrant une expérience multi-campus.  

Avec l’innovation comme pierre angulaire, ESCP accélère la recherche académique et la formation en management pour tracer de nouvelles voies, vers un avenir meilleur pour tous.