Voeux du président de l’AJE (entièrement partagés!)
| Chers journalistes adhérents, relevons la tête L’optimisme est-il passé de mode ? Je ne le crois pas. Depuis la reprise de la Maison blanche par Donald Trump, notre paysage, composé de libre-échange, de diplomatie, de valeurs communes et d’écologie (un peu tout de même), est fortement secoué. Et les fissures se propagent dans notre système démocratique, où les leçons de l’Histoire, l’expérience politique et la science sont désormais effacées du débat public par les passions et le buzz. Ces rouages actionnent la machine de la désinformation, de la déculturation et de la haine. Au grand bénéfice des extrêmes. Mais pas seulement. Le 10 janvier, le président (DVD) du conseil départemental du Nord a publiquement appelé à « virer la presse » et à « éviter de la lire ». Ce type d’appel participe à l’établissement d’un gouvernement sans regard extérieur, sans contradiction et sans mémoire. Ce n’est pas inédit. Mais cette tentation était, jusqu’alors, l’apanage des extrêmes. Elle est désormais validée par d’apparents démocrates. A force de petites phrases assassines et de coups de menton médiatisés, ces (ir)responsables posent les jalons de pouvoirs illibéraux, dont nous apprécions les qualités en Hongrie ou en Italie. Nous, journalistes, ne devons plus subir. Nous devons contrer ces attaques. Régulièrement, des reporters se font menacer lorsqu’ils couvrent des manifestations. Le 5 janvier, des ostréiculteurs ont incendié le portail d’accès à Midi Libre. Faut-il espérer un soutien de la part des pouvoirs publics ? Quand ils ne cherchent pas à criminaliser notre travail d’investigation, les services de l’Etat laissent la fureur partisane s’abattre sur les vigies du débat démocratique que nous sommes. Répliquer à ces violences à coup d’éditoriaux, c’est inefficace. Voici pourquoi l’AJE et plusieurs organisations professionnelles posent les bases d’une riposte inédite. Nous vous dévoilerons ce dispositif dans quelques semaines. Il pourrait — c’est l’objectif visé ! — remettre la liberté d’informer au cœur du débat démocratique. L’optimisme est de retour. Valéry Laramée de Tannenberg, président de l’AJE |
