Suite à la consultation nationale des prochains élus municipaux par le shift project
Enseignements clés
Enseignement #1 : Le « backlash écologique » n’existe pas chez les élus locaux. La transition énergétique et climatique est pour eux une préoccupation centrale, et est considérée comme un enjeu prioritaire du prochain mandat.
→ Les élus municipaux sont massivement préoccupés par le changement climatique (87 % des répondants évaluant cette préoccupation personnelle à au moins 7 sur 10), et fortement préoccupés par la dépendance nationale aux énergies fossiles (70 % évaluant cette préoccupation personnelle
à au moins 7 sur 10).
→ 53 % des répondants citent la préservation de l’environnement comme l’un des trois enjeux prioritaires de leur mandat, et cette proportion monte à près de 70 % pour le prochain mandat, qu’ils se représentent ou non. Cet enjeu arrive devant la revitalisation des centres-bourgs (41 %), la
fiscalité (34 %) ou la sécurité (29 %), et ce quelle que soit la préférence partisane ou le type de territoire des répondants.
→ Lorsque les élus se projettent sur le prochain mandat, les deux enjeux qui vont le plus gagner en importance sont la préservation de l’environnement (+ 17) et les transports (+ 15).
Enseignement #2 : L’engagement pour la transition dépasse les préférences partisanes, chez les élus issus aussi bien des territoires urbains que ruraux.
→ Près de 90 % des répondants considèrent avoir pris en compte la transition énergétique lors de leur mandat (note d’au moins 5 sur 10 à la question de la prise en compte de la transition
énergétique).
→ Cet engagement dépasse largement les préférences partisanes : 85 % des élus ayant une préférence partisane à gauche ou très à gauche expriment avoir pris en compte la transition énergétique lors de leur mandat, une proportion qui monte à 88 % pour les élus au centre, à droite
ou très à droite.
→ Les élus ruraux (86 %) et péri-urbains (87 %) font autant partie de cette dynamique que les élus urbains (91 %), contredisant l’idée selon laquelle la transition serait avant tout un sujet de citadins.
Enseignement #3 : Les élus locaux agissent d’abord par pragmatisme, pour des raisons concrètes de qualité de vie, de santé et de pouvoir d’achat.
→ Les deux premières motivations des répondants pour agir en faveur de la transition sont l’amélioration de la qualité de vie et de la santé des habitants (77 %) et la diminution des dépenses énergétiques (75 %).
→ La contribution à l’effort de neutralité carbone arrive en 4ème position (55 %), montrant que la transition est perçue avant tout comme une politique pragmatique d’amélioration du cadre de vie, de protection de la population et d’indépendance énergétique. L’attractivité du territoire (20 %) et la création d’emplois non délocalisables (16 %) sont nettement moins cités parmi les motivations.
→ Cela se traduit par un plus fort soutien et par un plus fort engagement en faveur d’actions concrètes ayant des bénéfices directs de confort et d’économies d’énergie : rénovation des bâtiments de la collectivité et des logements (93 %), développement d’infrastructures nécessaires à la mobilité active et aux transports collectifs (83 %), contre 74 % pour le suivi des émissions de gazà effet de serre de la collectivité et du territoire.
Enseignement #4 : Le vrai frein n’est ni idéologique, ni électoral, mais opérationnel et capacitaire, et aggravé par l’instabilité réglementaire.
→ Le premier frein à l’action identifié par les répondants se situe du côté de la collectivité avec le manque de moyens (59 %), suivi par des freins plus personnels de l’élu comme l’accumulation des urgences quotidiennes (57 %) et le manque de connaissances ou de compétences (41 %).
→ La crainte de l’impopularité ou du risque électoral figure parmi les freins les moins cités par les répondants (respectivement 7 % et 4 %), et devient marginale dans les communes rurales.
→ Les maires expriment une frustration forte devant l’instabilité : subventions modifiées, règles révisées, conditions d’éligibilité mouvantes.
Enseignement #5 : Les élus ne demandent qu’à en faire davantage : la formation et l’ingénierie sont les premiers besoins identifiés pour l’accélération de leur engagement.
→ Seuls 4 % des répondants indiquent ne pas souhaiter engager ou accélérer la transition climatique et énergétique sur leur territoire.
→ Pour lever les freins qu’ils identifient, leurs besoins prioritaires portent sur de la documentation et des retours d’expériences concrets (46 %), des formations courtes (44 %), de l’expertise technique accessible et des outils de communication pour convaincre la population (39 %).
→ En croisant les résultats, on constate que plus les répondants estiment avoir un bon niveau de connaissances sur les enjeux climatiques et énergétiques, plus ils sont nombreux à mettre en place des actions d’adaptation ou d’atténuation.
Enseignement #6 : Il subsiste des besoins de dialogue et de compréhension mutuelle entre les élus et leurs électeurs.
→ 39 % des répondants déclarent ignorer la façon dont la population juge leur action en faveur de la transition. C’est particulièrement vrai dans les communes rurales.
→ 35 % des répondants estiment que leur action en faveur de la transition est jugée adaptée par la population, alors que 77% des Français estiment que leur maire ne met pas assez d’actions en place pour lutter contre le dérèglement climatique (source : étude Odoxa “Ma commune mon maire et moi
- volet-Environnement, Septembre-2025)
→ Les associations environnementales, les entreprises et les artistes font partie des acteurs
identifiés par les élus pour jouer le rôle de relais auprès de la population.
Enfin, 89 % des répondants pensent que la transition énergétique et climatique des territoires
doit faire partie des priorités du ou de la prochain(e) Président(e) de la République.
