Colloque 1° octobre Salle Rabelais à Montpellier IT Midi Libre Cathy Soun Montpellier 20/50: cat nat: pourra t on encore s’assurer?

Intempéries,  Hérault,  Montpellier,  Tornade dans l’AudePublié le 27/08/2026 à 09:00 , mis à jour à 19:45

Cathy Soun

Cheffe de service

Vous organisez, le 1er octobre, une journée autour de la gestion des catastrophes naturelles, rappelez-nous comment ça fonctionne.

Quand vous assurez votre maison ou votre voiture, une partie de la prime abonde le fond CATNAT. C’est obligatoire. Beaucoup de monde se plaint de la hausse des primes d’assurances mais c’est la partie du fond catastrophe naturelle qui augmente régulièrement. Le pourcentage, 20 % de la prime dommages à l’heure actuelle, va continuer à augmenter en raison de la multiplication des phénomènes météorologiques violents. Il faut bien compenser le déséquilibre entre ce qui est déboursé par le fonds et les cotisations que les Français paient. Le fond CATNAT couvre uniquement les inondations, les dégâts des eaux ou les débordements des fleuves après qu’un décret a été prononcé. Les incendies, eux, ne relèvent pas de ce fond ni les phénomènes venteux.

Donc l’épisode qui s’est produit à Pomas et ailleurs dans la région le 24 août ne relève pas a priori du fond CATNAT ?

Les garanties inscrites dans le contrat catastrophes naturelles auxquels tous les assureurs sont obligés d’abonder sont très précises. Les épisodes qui relèvent de phénomènes à caractère tropical comme une tornade n’en font pas partie. C’est réservé aux Dom Tom et aux zones tropicales. Car jusqu’à présent ces événements n’existaient pas dans nos régions.

Réinventer des règles de constructions et d’urbanisme

À travers le programme Vous appelez à un changement de mentalités, c’est-à-dire ?

Le comportement des gens doit évoluer tout comme les règles urbanistiques. Quelles solutions, demain, pour faire face au dérèglement climatique ? On doit s’intéresser à de nouveaux modes de construction et empêcher de construire dans certains endroits. Les assureurs ne pourront plus assurer les zones côtières ni les zones définies par les réassureurs en fonction de statistiques ou du non-respect de règles de prévention. Vous habitez dans une maison en front de mer à Palavas ? Demain, un assureur pourra vous répondre qu’il n’a pas les moyens de vous assurer. Il va vous envoyer un prévisionniste pour examiner si tel ou tel risque est possible.

Face à ces refus potentiels d’assurance, quelles solutions ?

La priorité ce sont des changements radicaux dans le respect des règles de construction. Regardez ce qui s’est passé à La Flotte ou près du Cap Ferret : on construit n’importe comment, ce n’est plus possible. Les assureurs ont déjà pour consigne de ne plus assurer une partie des côtes françaises et dans les zones inondables où des permis ont été délivrés. Les urbanistes doivent imaginer des matériaux et des systèmes différents. Si vous prenez l’exemple des dégâts causés par le retrait-gonflement des argiles, il va falloir des modes de construction et matériaux différents. 10 000 maisons sont concernées autour de Montpellier. Notre région est particulièrement concernée. La canicule et épisodes pluvieux de l’année va entraîner des mouvements de la maison dans ses fondations. De gros assureurs vont avoir des difficultés financières car ils vont être confrontés à un nombre incalculable de sinistres. On a le meilleur système de protection au monde, mais il coûte cher.

Une journée de réflexion autour de la gestion des catastrophes naturelles

« Catastrophes naturelles : pourra-t-on continuer à s’assurer ? » : c’est l’intitulé de la journée organisée par le laboratoire d’idées Montpellier 20.50 jeudi 1er octobre à la salle Rabelais. La matinée sera consacrée au constat et aux premières prises de conscience. 9 h 30 : accueil et ouverture de la journée, Jean-Luc Wolf, MTP 20.50 10 h : le système assurantiel : Ludovic Vincent, directeur dommages aux biens AXA 10 h 30 h à 11 h 30 : Table ronde 1 : Un monde en plein bouleversement GIEC, Ludovic Vincent, Loïc Linares, Président de Sète Agropole Méditerranée ; 11 h 30 h à 12 h 30 table ronde 2 : Premières réactions et perspectives Didier Codorniou, vice-président du conseil régional Occitanie (video) , Alix Roumagnac, directeur de Prédict Services, ADEME

L’après-midi sera dédiée à la façon dont repenser le système 14 h 15 : synthèse de la matinée et ouverture de l’après-midi, Dominique Martin-FerrariI, MTP 20.50 ; 14 h 30 à 15 h 30 table ronde 3 : le droit, pas suffisant, mais incontournable Antoine Denoix, directeur général d’AXA Climate, Hélène Bras, avocate, Barreau de Montpellier Thomas Dubiez, responsable de la Mission Sécurité Civile de la Métropole de Montpellier 15 h 30 h à 16 h 30 table ronde 4 : Ce dont il faut se méfier, les « fausses bonnes idées », la « mal adaptation » Denis Lacroix, prospectiviste, Hugues Heurtefeux, géographe, Université Paul Valéry de Montpellier, Le Parc naturel régional de la Narbonnaise 16 h 30 à 17 h 30 Table ronde 5 : Une nécessaire révolution culturelle Antoine Denoix, Patrice Lallement, Club de la Presse de Montpellier, Christophe Béchu, ancien ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, maire d’Angers( video) . Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole.