COP 17 DESERTIFICATION : du 17 au 28 août, Oulan-Bator (Mongolie) clap de fin

Au-delà des suprématies américaines ou européennes, le monde tente de s’équilibrer.  La COP 17 d’Ulan Bator en Mongolie en Aout, présente un intérêt qui n’est pas seulement environnemental. C’est probablement la première COP de l’ONU où la gestion des terres et la qualité des sols devient un sujet géopolitique majeur, au croisement de la sécurité alimentaire, de l’eau, du climat et de la stabilité des territoires. Tout cela nous le disions avant l’ouverture de la COP dans notre lettre de juillet. 

La réaction américaine qui a marqué l’ouverture a laissé pantois : les négociations ont été brutalement bloquées. Le représentant des Etats-Unis a exigé l’exclusion de toute référence à des sujets majeurs de l’ordre du jour comme le changement climatique, les ODD, les peuples autochtones et les savoirs traditionnels…remettant ainsi en cause des décennies de décision entérinées par la COP désertification et fragilisant ainsi encore davantage le multilatéralisme. C’est aussi la preuve que la Convention est bien, comme le voulait Monique Barbut en 2013, entrée dans les questions de développement durable. Abandonnée l’idée que l’avancée naturelle du désert était la désertification. On rejoint l’esprit du Sommet de la Terre où elle fût signée en 1992, : la nature est victime de l’empreinte humaine et l’homme est désormais condamné à respecter l’équilibre planétaire ce que l’on a appelé « sustainable devlopment «   En Mongolie durant ce mois d’aout 2026 peu de mesures ont été adoptées, la majeure partie des discussions a visé à sauver les financements qui permettraient de poursuivre le travail de la COP !

Cette année encore, les trois conventions s’échelonnent d’Aout à novembre et restent gérées par des personnalités différentes mais leurs sujets sont intrinsèquement liés. C’est bien le réchauffement, la perte de biodiversité qui accélèrent la désertification. Plus de 40% de nos sols sont désormais « morts » Au gazette café, à notre initiative, le 10 septembre au soir se sont succédés des intervenants engagés dans cette action. Patrice Burger représentant l’association Cari et Bernard Bonnet de l’IRAM (institut de recherches et de développement ) venu parler pour Vétérinaires sans frontières s’inquiètent de l’avenir du pastoralisme Plus d’un milliard d’hommes et de femmes en dépendent. Cette activité sous-estimée, est parfois considérée comme un relent du passé. Pourtant, face aux crises actuelles, ce mode d’élevage, à la fois souple et résilient, présente des avantages inattendus. Il faut en entretenir les savoirs faire. 

Chacun a souligné le thème de la sécurité peu abordée en Mongolie. IL est clair qu’aujourd’hui les parcours des pasteurs sont aussi devenus ceux des guerres. Guillaume Duteurtre chercheur au Cirad a coordonné plusieurs projets internationaux de recherche portant sur le développement du pastoralisme, et sur les politiques de développement durable de l’élevage. Il connait bien le sujet après de longues années passées au Sahel et travaillant actuellement au Tchad. Clare Hart faisait partie de la délégation française à Oulan Bator. Ambassadrice de Montpellier ville monde elle participait aux travaux des maires inquiets de la qualité de nos sols. Elle s’est plu à rappeler que ces réunions nous appartenaient. Elles ne sont pas propriétés des états mais de nous, citoyens qui devront les connaitre pour en faire appliquer les décisions.

Pour les chercheurs que nous avons rencontrés un chose est certaine : pour conserver les atouts du pastoralisme il faut pouvoir se déplacer. Nous reviendrons sur ce sujet qui concerne notre région et la lutte contre les incendies.