Jardin : les fruits exquis de l’automne

Jardin : les fruits exquis de l’automne
Les fruits de l’arbousier Unedo et du néflier Mespilus germanica.HVPM DEV/ADOBESTOCK ; NOÉMIE VIALARD
► L’arbousier, typique du maquis méditerranéen

Arbutus unedo, c’est son nom latin, peut se cultiver là où les températures ne descendent pas en dessous de – 15 °C, mais il lui faut des hivers plus doux pour qu’il fructifie, en fin d’automne, en nombreuses et ravissantes billes rouges. Dans son habitat, il mesure de 7 à 8 mètres de haut. Son tronc s’exfolie en lamelles brique et les jeunes rameaux, velus, présentent des tons brun rouge. Les feuilles épaisses, brillantes, vert foncé, ont un pétiole souvent teinté de pourpre. On l’aime pour sa silhouette élégante et son feuillage persistant, mais on l’adore lorsque ses fruits comestibles se colorent, en novembre, moment où il n’y a plus grand-chose à grignoter au jardin.À lire aussiC’est la saison des crosnes !

Ces petits fruits écarlates – on donne à l’arbousier le surnom d’arbre à fraises – sont accompagnés de nombreuses grappes pendantes de fleurs, mini-clochettes ivoire, s’épanouissant en même temps, souvent sur les mêmes rameaux, car les fruits mettent un an pour arriver à maturité. Ce petit arbre s’intègre bien aux haies naturelles. Plantez-le au soleil, en tout bon sol drainé. Arrosez-le l’année qui suit la plantation, ensuite, c’est un chameau !S’informer avec calme, recul et confiance est plus que jamais nécessaireLa Croix Numérique1€ le premier moissans engagementJe m’abonne

► Le néflier de chez nous

Ah, les nèfles ! Ces fruits oubliés de nos campagnes et sous-bois font de si délicieuses marmelades ! En mai, a lieu la très belle floraison blanche du néflier. En automne, s’il est planté en isolé, on admire ses feuilles caduques, larges et allongées, aux superbes couleurs, bronze teinté de vieux rose, et sa silhouette étalée arborant un tronc tortueux. En novembre, on cueille ses fruits en forme de toupies ocre. Charnus, ils se mangent blets, lorsque la chair devient tendre, voire molle, après le passage des premiers froids. La consistance un peu grumeleuse ne plaît pas à tout le monde, mais la confiture, la compote, le ratafia et la liqueur font l’unanimité.i

Ce sauvageon, arrivé du Caucase et d’Arménie, cultivé chez nous depuis l’Antiquité, s’est naturalisé au fil des siècles, se cachant dans les lisières de nos forêts. Au Moyen Âge, ses fruits figuraient sur toutes les tables, accompagnant gibiers et pâtés. Actuellement, c’est avec les fromages que les préparations à base de nèfles ont la cote.

Le néflier convient à un petit jardin, car il ne dépasse guère 3 à 4 mètres d’envergure. Il mérite une place de choix, au soleil ou à mi-ombre, seul pour que son port soit mis en valeur, mais il s’intègre également avec grâce à une haie bocagère. Installez-le en sol riche en humus et bien drainé, en toutes régions car il est très rustique.

Et les nèfles du Japon ?

Notre néflier, c’est Mespilus germanica, le néflier commun, à ne pas confondre avec le néflier du Japon. N’espérez pas glaner des nèfles du Japon dans la nature ! Eriobotrya japonica est un petit arbre à feuillage persistant qui fleurit en hiver, pour donner d’exquis fruits – on les appelle nèfles du Japon ou bibaces – en fin de printemps.

►La cueillette

Cueillez les arbouses lorsqu’elles sont bien rouges et légèrement souples sous les doigts. Mangez-les aussitôt ou bien transformez-les en dessert et autres confiseries.

Les nèfles ramollissent jusqu’à devenir blettes, en novembre, lorsque les premières gelées sont passées : c’est le moment de les cueillir. À demi-maturité, la chair est ferme et âcre. À complète maturité, lorsque les fruits sont mous, la chair s’adoucit en devenant sucrée.

L’idéal est, après la cueillette, de les entreposer sur un lit de paille dans un local sain et frais, pendant une quinzaine de jours, pour que la fermentation se produise, ôtant une partie des tanins.

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Recette

Marmelade de nèfles et d’oranges au gingembre

500 g de chair de nèfles blettes

1 kg d’oranges non traitées

2 citrons non traités

1 cm de gingembre frais

1,250 kg de sucre cristallisé

La veille de cuisiner, extrayez le jus de deux oranges et des citrons. Coupez les oranges restantes en tranches fines, avec la peau. Mettez ces tranches et le jus dans un grand saladier, couvrez avec le sucre. Le jour venu, placez ce mélange dans la bassine à confiture. Portez à ébullition, laissez cuire 40 mn en remuant souvent. Écumez. Épluchez les nèfles, ôtez les noyaux, ajoutez-les aux oranges, avec le gingembre détaillé en lamelles fines à l’aide d’un économe. Laisser cuire 20 mn. Écumez, mettez en pots préalablement ébouillantés. Fermez aussitôt.

Deux conseils !

Pour enlever les noyaux, ouvrez la nèfle en deux, et fouillez avec les doigts dans le fruit, pour l’ôter, puis récupérez la pulpe à la petite cuillère.

Pour changer du gingembre, et suivant votre goût : la cannelle fonctionne très bien avec cette préparation et lui donne un côté Noël.

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