Monique Barbut fête les dix ans de l’Accord de Paris
« Il y a 10 ans, jour pour jour, le monde assistait à un mariage inédit : celui de la globalisation et du climat Pour célébrer les dix ans de l’Accord de Paris, j’ai tenu à organiser à l’Hôtel de Roquelaure un événement réunissant le Premier ministre Sébastien Lecornu, Laurent Fabius, ainsi que des personnalités engagées dans l’action climatique : climatologues, experts scientifiques, acteurs associatifs, responsables institutionnels et membres de la société civile. Il y a 10 ans, ce mariage a été célébré à quelques kilomètres d’ici, au Bourget, après une longue période de fiançailles. Car il a d’abord fallu parler le même langage : celui des chiffres et des faits. Puis donner l’impulsion de cette union — je veux rappeler le rôle essentiel du rapport Brundtland de 1987. Enfin, préciser les contours : qui contribue, comment, et dans quels objectifs. Paris ne s’est pas fait en un jour. L’Accord de Paris est le fruit de plus d’un demi-siècle de travail collectif. Il y a dix ans, le monde filait vers un réchauffement de 4 à 5 degrés. L’Accord de Paris a changé la donne. Et ce mariage a porté ses fruits. En dix ans, l’Accord de Paris a transformé nos quotidiens. Il a aussi transformé notre manière de produire. En quelques décennies, nous avons repensé des technologies sur lesquelles notre économie reposait depuis plus d’un siècle. Et nous avons relevé un pari que beaucoup jugeaient impossible : faire avancer décarbonation et réindustrialisation en même temps. Ces transformations ont enclenché une dynamique : nous émettons moins de gaz à effet de serre aujourd’hui qu’hier. Cette dynamique doit maintenant être relancée. L’accord européen signé début novembre envoie un signal clair : les 27 États membres se sont engagés à réduire leurs émissions de 90 % d’ici 2040. Mais les chiffres ne deviennent des victoires que lorsqu’ils se traduisent dans les faits. Car comme en amour, il faut des preuves. La stratégie nationale bas carbone, que nous publions aujourd’hui, en est une. Elle est le fruit d’une alliance inédite entre ambition écologique et savoir-faire en planification. Déclinée secteur par secteur, elle rend possible ce que beaucoup jugent impossible : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Cette feuille de route doit nous embarquer toutes et tous — entreprises comme citoyens. Elle n’est pas celle d’un ministère, elle est celle de tout un pays. Elle dit deux choses simples : la décarbonation est à portée de main, et elle est une chance pour nos industries, nos territoires et nos emplois. Cette stratégie, et nous pouvons en être fiers, est la preuve que le mariage scellé à Paris il y a dix ans est bien réel sur notre territoire. Chaque mariage connaît aussi ses difficultés. Des moments d’incompréhension, de distance, parfois de rupture du dialogue. Mais je veux conclure sur un message d’espoir : si ce qui a été construit peut être déconstruit, alors il peut aussi être reconstruit. » (12 décembre 2025, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations Internationales sur le Climat et la Nature)
