UKRAINE, le 24 février l’Ukraine entrait dans la 5° année de guerre
Mardi 24 février , l’on a souhaité /si l’on peut utiliser ce terme/ les quatre ans de guerre en Ukraine .et l’entrée dans une 5° année de guerre. 3000 ukrainiens sont aujourd’hui réfugiés à Montpellier et 400 enfants ont été scolarisés dans les écoles ou trouvent des espaces de refuge dans la ville. Avec le froid les arrivées reprennent. Les titres de séjour à renouveler tous les six mois créent une instabilité pour la signature d’un bail. Pour l’instant la ville gère le flux , mais selon Clare Hart , responsable de la mission internationale, si ce flux venait à s’accroitre , l’arrêt de l’aide financière de l’état depuis deux ans se ferait fortement sentir .Là bas, les civils souffrent de la menace permanente de l’empire russe. l’hiver est rude, il fait très froid Alors on invente et on se réchauffe dans la communauté pour faire face.
A Montpellier , jusqu’au 12 mars dans la hall de l’hotel de ville, une très belle expo photo rend compte de cette capacité de résilience des ukrainiens dont les regards d’enfants nous transpercent
https://www.instagram.com/reel/DU7cn8kDMIa/
Prenez une heure. Juste une heure.
Et regardez la guerre en face.
Au delà des statistiques … Ici, il n’y a pas de graphiques.
Pas de courbes.
Pas de débats abstraits.
Il y a des enfants.
Des regards.
Des silences.
Des vies brisées trop tôt.
Sans aucune visibilité sur une fin possible du conflit, après 1.500 jours de combat, plus d’un million de morts et de blessés, et 19,4 % du territoire ukrainien sous autorité russe. le front tient, même si dans les territoires occupés, la Russie mène une guerre administrative qui dépossède entrepreneurs et industriels de leurs biens. Une violence économique moins visible que les combats, mais aux effets profonds et durables.
A ce stade, les positions sont irréconciliables.
A la veille de chaque pourparlers des frappes touchent gravement les civils. L’administration Trump souhaite avant tout une résolution rapide pour ensuite renouer des liens économiques avec les Russes. Le Kremlin veut une Ukraine à sa botte, avec le contrôle de ses choix stratégiques – la taille de son armée, le choix de son gouvernement, son adhésion (ou non) à l’Otan ou à l’Union européenne, la reconnaissance de la langue russe et de l’Eglise orthodoxe russe
Une nouvelle Vision des guerres du futur nous est renvoyée.
Au début de la guerre, l’Ukraine ne produisait que 10 % de son armement face au rouleau compresseur militaire russe. Aujourd’hui, le pays produit plus de 60 % de ce qu’il consomme, grâce à la dronisation du conflit Une révolution technologique accélérée. Ce sont désormais les entreprises de défense des Etats membres de l’Union européenne qui se précipitent à Kiev pour apprendre des Ukrainiens. Car la guerre en Ukraine a bouleversé les stratégies militaires, avec le passage de l’obus au drone sur une ligne de front de plus de 1.200 km.et de 20 à 40km de large. Les soldats russes qui y sont poussés n’ont que quelques heures de survie devant eux. Ces derniers mois, les petits drones chargés d’explosif tuent et blessent un millier d’hommes par jour et sont désormais responsables de 80 % des pertes infligées à l’ennemi. Le dernier exercice commun réalisé agite d’ailleurs comme jamais la blogosphère militaire : une équipe de 10 Ukrainiens aurait mis hors de combat deux bataillons de l’Otan en moins de 24 heures au cours d’une simulation de combat. L’omniprésence des drones armés sur le champ de bataille remet en cause la hiérarchisation et les règles de commandement classiques des armées occidentales. La France vient d’ailleurs de réussir l’exploit de produire vite et masse les drones, à moins de mille euros pièce. Une nouvelle arme qui nécessite un réseau incroyable de renseignements et de conduite
Par cet hiver exceptionnellement froid , à Kiev on vit sans électricité ni chauffage . On mesure la fragilité occasionnée par les centrales électriques nucléaires . Si la plupart des réacteurs continuent de fonctionner c’est à un niveau réduit en raison de dommages répétés aux lignes électriques et des risques liés aux attaques sur le réseau électrique.. Le risque principal est celui encouru par la centrale de Zaporizhzhia sous controle des forces russes dont tous les réacteurs sont à l’arrêt depuis 2022. Ce sont des lignes d’alimentation externe qui assurent le refroidissement des assemblages nucléaires et assurent la sécurité Récemment, le 10 février 2026 ,une des deux lignes électriques externes a été perdue laissant la centrale opérer avec une seule ligne d’alimentation externe. il faut compter sur des générateurs de secours pour maintenir le refroidissement – ce qui est considéré comme un risque significatif pour la sûreté nucléaire. Des experts de l’AIEA ont été déployés sur place pour surveiller les centrales et évaluer en permanence les conditions de sécurité. Ils soulignent que la dépendance des centrales ukrainiennes à des réseaux électriques fragilisés par les attaques est un risque majeur, car sans alimentation externe, même des systèmes de sécurité peuvent être compromis.
Dominique Martin Ferrari (avec Les Echos)
