Vincent Bolloré est auditionné par la commission sur l’audiovisuel public à l’Assemblée
Convoqué comme actionnaire d’un groupe clé de la production télévisuelle, le milliardaire pourrait aussi être interrogé sur l’influence de ses médias dans le débat public.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

JULIEN DE ROSA / AFPOfficiellement auditionné pour ses liens avec Banijay, Vincent Bolloré (ici au Grand Palais en janvier 2026) pourrait aussi être interrogé sur le rôle et les pratiques de ses médias.
Sur le papier, la raison est claire. Ce mardi 24 mars à 15 h 30, Vincent Bolloré est auditionné à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Le milliardaire est convoqué en tant qu’actionnaire indirect du groupe de production Banijay, via Vivendi.
Depuis plusieurs semaines, les députés cherchent à comprendre comment fonctionne l’audiovisuel public, et notamment ses liens avec les sociétés privées qui produisent une grande partie de ses contenus. France Télévisions travaille en effet avec plusieurs groupes de production majeurs, dont Banijay, l’un des plus importants du secteur. Dans cette logique, la commission a fait le choix d’entendre non seulement les dirigeants de ces entreprises, mais aussi leurs principaux actionnaires.
C’est à ce titre que Vincent Bolloré est auditionné. À travers Vivendi, il détient une participation significative dans Banijay, ce qui en fait un acteur financier de poids dans cet écosystème. Avant lui, d’autres figures du secteur ont déjà été entendues, comme le producteur Stéphane Courbit ou des représentants de groupes concurrents.
Mais l’audition dépasse aussi ce cadre puisque Vincent Bolloré n’est pas seulement un investisseur parmi d’autres. À la tête d’un groupe qui possède notamment Canal+, CNews ou encore Europe 1, il occupe une place centrale dans le paysage médiatique français, avec une influence qui dépasse largement la seule production de programmes.
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (député Horizons), a d’ailleurs laissé entendre que les échanges pourraient s’élargir au-delà de la participation de Vivendi dans Banijay. Certaines décisions prises dans les médias du groupe Bolloré pourraient être évoquées, comme le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini sur CNews malgré sa condamnation, avant de se retirer de lui-même. Le député insiste sur un principe : il n’y a pas lieu d’être exigeant avec l’audiovisuel public sans l’être aussi avec le privé.
Créée à la demande de l’UDR d’Éric Ciotti, allié du Rassemblement national et favorable à la privatisation de l’audiovisuel public, la commission doit rendre ses conclusions d’ici fin avril. L’audition de Vincent Bolloré intervient au moment où les députés cherchent à établir une vision d’ensemble des équilibres entre acteurs publics et privés dans le paysage audiovisuel.
