Coup de gueule (justifié) de JJ FRESKO dans info nature: Le silence et la honte

Six mois ferme ! Quelles atrocités a donc commises le condamné ?
De grâce, éloignez les enfants avant de découvrir ses horribles méfaits : il était jugé par la Cour d’appel de Poitiers pour participation à un groupement « en vue de la préparation de violence » (notez bien qu’aucune violence ne lui est reprochée, tout est dans le « en vue de… » et la « préparation »), menace de dégradation (oui, « menace …»), vol d’une pelle à grains et dégradation légère par inscription (il s’agissait d’un tag tracé avec un feutre effaçable !).

Ce verdict rendu jeudi dernier contre Julien Le Guet, le porte-parole du collectif « Bassines non merci », faisait suite à deux rassemblements pacifiques en 2022 contre les méga-bassines de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), lesquelles ont entre-temps été jugées… illégales !

En clair, Julien Le Guet est condamné à de la prison ferme (aménagée en assignation à résidence sous bracelet électronique), avec exécution immédiate, pour s’être opposé pacifiquement à… une violation de la loi.

Quelques mois plus tard, lors d’un nouveau rassemblement à Sainte-Soline, des vidéos accablantes ont révélé que des hordes de miliciens haineux, rage aux lèvres mais grimés en gendarmes de la République, ont sciemment -voire parfois sur ordre- infligé des blessures graves et des mutilations, jubilant d’attenter à la vie d’autrui et empêchant les secours de porter assistance à des blessés en danger de mort. Contre ces sicaires dont les exactions sont largement et publiquement documentées, le Parquet se hâte de ralentir les investigations, voire d’y mettre arbitrairement fin : en décembre dernier, il a classé sans suite les plaintes de quatre victimes.

En découvrant la décision de la Cour d’appel, une vieille chanson de Joan Baez est revenue nous hanter : « Father yes I am a prisoner, fear not to relay my crime (…), only silence is shame » (Père, oui je suis prisonnier, n’aie pas peur de faire connaître mon crime, seul le silence est honteux). La chanson poursuit : « Against us is the law with its immensity of strength and power (…) Police know how to make a man a guilty or an innocent » (Contre nous il y a la loi avec sa force et son pouvoir immense (…) La police sait comment faire d’un homme un coupable ou un innocent). La chanson s’intitule Ballad of Sacco and Vanzetti.