250° anniversaire USA, et Europe

Un article rédigé depuis Bruxelles par EURACTIV

Bill White, l’envoyé MAGA en Belgique, a déclaré hier soir à la foule que 8 850 personnes ont assisté à sa fête organisée à l’occasion du Jour de l’Indépendance américaine. « Pourquoi faut-il que ce soit si grand ? », a-t-il demandé. « Parce que nous sommes les États-Unis d’Amérique. »

Au parc du Cinquantenaire, White a fait étalage d’un exceptionnalisme américain sans complexe, en privatisant pour la soirée une grande partie du quartier européen à Bruxelles. C’était une véritable vitrine des piliers de la culture américaine : Budweiser, hot-dogs, pom-pom girls, feux d’artifice, musique country et casquettes de baseball fabriquées en Chine. Les entreprises sponsors ont financé l’événement à hauteur de 5,5 millions de dollars, a-t-il précisé.

Mais alors que de nombreux fêtards européens rentraient chez eux avec leurs sacs cadeaux aux couleurs du drapeau américain, un peu éméchés et rassurés quant aux relations transatlantiques, on avait aussi le sentiment que les deux camps avaient passé la soirée à des fêtes différentes, célébrant des visions contrastées du passé américain et de l’avenir de l’Europe.

Pour les Européens, c’était l’occasion de célébrer les aspects de l’histoire américaine qu’ils admirent. Dans son discours, le Premier ministre belge Bart De Wever a mis l’accent sur la Déclaration d’indépendance des États-Unis, citant la réflexion de l’ancien président américain Calvin Coolidge selon laquelle les valeurs morales doivent primer sur la réussite matérielle.

Pour les Américains, il s’agissait d’un événement MAGA tape-à-l’œil. White a longuement présenté une gigantesque bague en or incrustée de diamants, réalisée par des joailliers juifs d’Anvers en guise de cadeau pour Donald Trump. « C’est embarrassant », a murmuré un fonctionnaire de l’UE debout à côté de moi.

Lorsque son micro a enfin fonctionné, Alexis Wilkins, la compagne du directeur du FBI Kash Patel, a entonné l’hymne national. White s’en est également pris aux médias pour leur couverture de la fête et s’est moqué de la chanteuse Katy Perry, pour ne pas s’être présentée. « On s’en fiche », a-t-il lancé.

Les orateurs européens ont mis l’accent sur les liens culturels qui nous unissent. Trump, s’adressant à la foule dans un message vidéo projeté sur l’arc de triomphe, a évoqué la défense de « notre civilisation commune ».

Mais quelle est la vision de l’administration américaine pour la prochaine ère de cette civilisation ? On aurait peut-être pu trouver une réponse en se promenant dans l’enceinte réservée aux VIP, en la personne de Tom Van Grieken, chef du parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang.

La faible présence de hauts responsables de l’UE en dit long sur l’état des relations transatlantiques, quelques jours après la dernière menace tarifaire de Trump. Seuls trois des 27 commissaires européens ont fait le déplacement : Andrius Kubilius, Maroš Šefčovič et Oliver Várhelyi.

Ni António Costa, ni Kaja Kallas, ni Ursula von der Leyen n’étaient présents ; cette dernière avait toutefois envoyé son bras droit, Björn Seibert. Roberta Metsola, la représentante européenne la plus en vue présente, a été la seule oratrice à reconnaître qu’il y avait eu récemment des « désaccords ».

« Que Dieu bénisse l’Union européenne », a déclaré White.

La fête est finie, et l’Europe le sait. Au moins, les Européens sont toujours dans les pensées et les prières des Américains.