concilier numérique et ecologie

Le Conseil national du numérique et le Haut conseil pour le climat esquissent une économie du numérique plus sobre et plus écologique. Avec quelques bonnes idées à la clé.

Le mot d’ordre est repris par la plupart des responsables politiques: pour réussir son entrée dans le «monde d’après», la France devra réussir ses transitions écologique (ou climatique) et numérique. La première avance le plus souvent à petits pas et pas toujours dans la même direction. La seconde reste à accomplir.

Ce que l’on sait depuis la publication, en 2018, d’un livre blanc, rédigé par les experts de l’Iddri, du WWF, de GreenIT et du conseil national du numérique (CNNUM). Diagnostic récemment confirmé par le rapport d’une mission d’information du sénat.

A la demande du ministère de la transition écologique, le CNNUM s’est remis à l’ouvrage. Objectif : esquisser une économie digitale bas carbone. Mission accomplie. Le 8 juillet, la commission consultative a publié une imposante feuille de route sur l’environnement et le numérique.

DES IMPACTS IMPORTANTS

Consommant de 5 à 9% de l’électricité mondiale, émettant de 2% à 4% des gaz à effet de serre anthropiques, le numérique commence à peser significativement sur l’environnement. Ces impacts ne cesseront d’empirer si l’on y prend garde. Plus de numérique dans les entreprises et dans les logements, c’est aussi plus de déchets électroniques et électriques, souligne une récenteétude de l’université des Nations unies.

Alors que l’économie du traitement de la donnée s’immisce chaque jour un peu plus dans nos vies, comment éviter d’alourdir nos empreintes climatiques et environnementales ? Associé à ceux du Haut conseil pour le climat (HCC), les experts du CNNUM ont listé une cinquantaine de mesures destinées à réduire l’empreinte environnementale du numérique, tout en mettant cette palette de technologies au service de la transition environnementale.

IMPLIQUER CONSOMMATEURS ET DONNEURS D’ORDRE

Les rapporteurs proposent tout à la fois de systématiser la quantification des impacts environnementaux du numérique, d’appliquer les principes de l’économie circulaire à la fabrication des terminaux et autres Smartphones, d’optimiser la consommation d’énergie des centres informatiques, d’interdire l’obsolescence programmée des logiciels.

Les consommateurs devront faire quelques efforts de leur côté. Les rédacteurs proposent d’«encourager les citoyens à adopter la sobriété numérique». Ils recommandent d’orienter la commande publique vers des outils et des services numériques sobres.

Le numérique devra aussi se mettre au service de la protection de l’environnement. Gouvernement et entreprises du secteur sont invités à développer une «culture de la données» au service de l’écologie. Cela implique d’ouvrir les bases de données publiques et mettre en place les conditions de leur partage entre secteurs public et privé.

Plus audacieux : les rédacteurs appellent à réduire les impacts de l’intelligence artificielle et à mettre ses formidables capacités au service du développement durable. Reste à convaincre les patrons des Gafam.

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