GIEC: On entre maintenant dans les détails

Le changement climatique n’aura pas les mêmes incidences pour tous. Les climatosceptiques ne nous font plus perdre de temps , les chercheurs n’ont plus à persuader, ils peuvent travailler désormais sur les conséquences .

La NORMANDIE :

les cartes de la montée des eaux font froid dans le dos . Le Cotentin sera t il vraiment coupé en deux? Le constat du GIEC normand, qui regroupe 23 chercheurs et experts régionaux sur le sujet du changement climatique, justifie d’y consacrer une attention toute particulière : deux tiers du littoral normand sont déjà concernés par la montée des eaux. “Les températures semblent maintenant s’aligner sur les prévisions pessimistes du GIEC, avec une hausse de 3 à 4 degrés. Ce qui devrait se traduire par une élévation des mers d’un mètre, voire plus, d’ici 2100”, relève Stéphane Costa, enseignant-chercheur de géographie à l’université de Caen, et co-président du GIEC normand. Les marées à fort coefficient, qui font aujourd’hui le bonheur des pêcheurs à pied, seront à cet horizon 20 fois plus fréquentes. Et à l’érosion des dunes, des falaises ou des estuaires du pourtour de la Normandie s’ajouteront alors “des phénomènes de submersion en période de tempête, et d’inondations à l’intérieur de terres, en bloquant les écoulements fluviaux”.

Le PACIFIQUE entre Australie et continent américain, ces zones dont on parlait vaguement en référence à El Nino ou à El NIna:

Une équipe de 35 scientifiques internationaux représentant 27 centres de recherche sur le climat, dirigée par un chercheur IRD, Matthieu Lengaigne, en France, le professeur Scott Power en Australie, et Antonietta Capotondi aux États-Unis, s’est constituée pour étudier les fluctuations climatiques lentes dans cette région, également connus sous le nom de « variabilité décennale du Pacifique tropical (TPDV). »

« La TPDV désigne toute forme de variabilité climatique lente, naturelle ou en lien avec le changement climatique, qui se produit dans l’atmosphère, l’océan et sur les terres du Pacifique tropical », explique le Scott Power, directeur du Centre des sciences climatiques appliquées de l’université de Queensland du Sud.
« La TPDV influe sur la fréquence des sécheresses, des feux de forêt, des inondations, et impacte l’étendue de glace de la mer polaire, le débit des rivières, la production agricole ainsi que la vitesse à laquelle la planète se réchauffe en réponse à l’augmentation des gaz à effet de serre, mais aussi notre capacité à prévoir l’oscillation australe El Niño. »
« De plus, le réchauffement dans le Pacifique occidental en réponse au réchauffement climatique est tel que les températures ressenties au cours de la dernière décennie ont largement dépassé la fourchette atteint e dans les relevés instrumentaux passés. »

Dégâts climatiques en Polynésie© IRD – Bruno Marty

Pour Matthieu Lengaigne, climatologue, membre à l’UMR MARBEC, les changements dans cette région pourraient avoir un impact considérable, principalement sur les océans : « La hausse des températures dans cette région devrait déplacer les populations de thon vers le Pacifique Est et d’entraîner une augmentation de la fréquence des vagues de chaleurs marines. »

« Ainsi, les récifs coralliens devraient être profondément affectés, avec des conséquences majeures sur la biodiversité, les populations des îles du Pacifique et leurs ressources, comme les populations de poissons côtiers. »

Alors que d’importants efforts internationaux sont déployés pour fournir des prévisions climatiques décennales, beaucoup d’incertitudes subsistent sur les caractéristiques et les causes de la TPDV. Pour pallier cette situation, l’équipe de recherche internationale a synthétisé les résultats d’une myriade de recherches sur le phénomène en un article de synthèse, qui vient de paraître dans la prestigieuse revue Science.

 « Comme la TPDV augmente les risques de catastrophes naturelles, notre capacité à fournir des prédictions peut aider les communautés, les gouvernements et l’industrie à anticiper les impacts climatiques futurs » souligne Scott Power.

« Il existe de nombreuses voies d’amélioration de nos connaissances à ce sujet », ajoute Antonietta Capotondi, chercheuse à l’Université du Colorado. 
« Il nous faut améliorer la qualité, la quantité et la durée des relevés d’observation dans cette région, mais aussi préserver et améliorer les systèmes d’observation des océans et du climat, et continuer d’améliorer les modèles climatiques. »

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