En Hongrie, les vrais enjeux d’une élection qui va changer l’Europe

Le dossier de L’Express. Saboteur en chef de l’Europe, Viktor Orban pourrait tomber pour la première fois en 16 ans. Une petite révolution que Donald Trump et Vladimir Poutine font tout pour éviter. 

Par Charlotte Lalanne (envoyée spéciale à Budapest)Publié le 31/03/2026 à 17:00bookmark

3900-UNE-Visuel
Pour la première fois en 16 ans, Viktor Orban pourrait perdre son poste de Premier ministre à l’occasion des législatives du 12 avril.Shutterstock / L’Express

A voir les affiches défiler le long de la route de l’aéroport de Budapest au centre-ville, on jurerait que Volodymyr Zelenksy est candidat aux élections législatives du 12 avril. C’est simple : aucun autre visage n’est aussi présent dans cette campagne que celui du président ukrainien, placardé à tous les coins de rue, au bord des autoroutes et sur les colonnes Morris de Budapest. L’homme derrière cette idée fixe s’appelle Viktor Orban. Le Premier ministre, en poste depuis 16 ans et en course pour y rester, a dépensé des millions de forints au service de son unique thème de campagne : taper nuit et jour sur Zelensky, allié présumé du leader de l’opposition Peter Magyar. A en croire l’indéboulonnable chef du gouvernement, le duo, sponsorisé par l’Union européenne, ferait courir à la Hongrie un danger de guerre imminent. Son affiche la plus connue représente le leader ukrainien en noir et blanc sur fond bleu, sourire jusqu’aux oreilles et regard diabolique, assortis de ce slogan : « Ne laissez pas Zelensky rire le dernier ! ». Le parti au pouvoir, le Fidesz, n’a pas cherché très loin pour dénicher cette trouvaille, copiée-collée – au mot près – de leur poster de campagne de 2018, qui ciblait alors le milliardaire George Soros.