BIODIVERSITE: le monde réussira-t-il à supprimer les subventions néfastes?

La COP17 biodiversité, vient de s’achever à Erevan. Aucune surprise lors des conclusions, nous savions que la biodiversité continue inexorablement de s’écrouler 

La « Voie d’Erevan » (Yerevan Pathway) a donc insisté sur le point qui pour tous était le nerf de la guerre : les financements. Si l’on veut que les 23 objectifs fixés à Montréal aboutissent en 2030 il s’agit de s’attaquer aux subventions et aux incitations néfastes pour la nature. De nombreuses discussions ont eu lieu autour de ce thème avec des propositions portées notamment par la France dans l’Europe. En cette période de caisses vides, pour accroitre  « le soutien financier, scientifique et technique en faveur des pays en développement, aligner les budgets nationaux et les décisions économiques sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF), et renforcer les mécanismes de mise en œuvre, de suivi, de communication d’informations et d’examen » il convient déjà de récupérer des fonds partout où c’est possible et surtout là où les fonds sont destructeurs : déforestation, agriculture industrielle, surtourisme… « Nous savons ce qui doit changer. Il est impossible de protéger la nature tout en continuant à financer sa destruction. » a déclaré Astrid Schomaker, Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique.

La COP 17 a insisté sur la mise en œuvre de certains objectifs : les aires marines et terrestres protégées par exemple doivent très rapidement être définies, les nouvelles technologies mieux utilisées pour une connaissance couteuse et encore insuffisante

Parmi les annonces figuraient près de 2 milliards de dollars de nouveaux financements, dont 560 millions de dollars au titre de la  9° reconstitution des ressources du FEM (désormais à 4,4mds de dollars), 500 millions de dollars via l'Alliance pour le rétablissement des espèces et plus de 330 millions de dollars via le Fonds pour la valeur de la nature, une initiative visant à mobiliser des capitaux privés pour la nature (fondation, mécènes…). Un incubateur d'investissement a été lancé par la Banque asiatique de développement, et un projet de loi-cadre modèle sur les forêts afin de renforcer l'application des réglementations environnementales Enfin , et c’est très important, de nouveaux indicateurs et mesures de l'état de la nature ont été proposés, seul moyen pour améliorer pas à pas le suivi et la responsabilisation en matière de biodiversité. Ils aideront peut être mieux à l’évolution des politiques encire trop timides. 
La prochaine Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 18) se tiendra en 2028 en Équateur, alors qu’il ne restera plus que deux ans pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de biodiversité.