Capture du président du Venezuela, Nicolas Maduro : la souveraineté du plateau des Guyanes en question
Depuis ce matin, les réactions de la communauté internationale après l’attaque par les Etats-Unis du Venezuela ayant conduit à l’extraction du président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, sont vives. Cet événement marque une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Washington et Caracas et suscite de profondes inquiétudes à l’échelle régionale.
Par Catherine Lama
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Au-delà du Venezuela, c’est l’ensemble du plateau des Guyanes qui se retrouve sous les projecteurs. Cette vaste région d’Amérique du Sud, qui englobe le Venezuela oriental, l’Amapa, le Guyana, le Suriname et la Guyane française, concentre d’importantes richesses naturelles et des enjeux géostratégiques majeurs. L’intervention américaine pose ainsi la question d’un possible affaiblissement de la souveraineté des États de la zone, y compris celle de la France à travers la Guyane.
Un territoire aux richesses convoitées
Le plateau des Guyanes représente un enjeu économique considérable, notamment en raison de ses ressources pétrolières et gazières, mais aussi de ses minerais stratégiques et de sa biodiversité. Si, en Guyane française, les espoirs d’exploitation pétrolière se sont amoindris depuis 2015 faute de réserves jugées suffisantes, le territoire demeure riche en minerais rares, susceptibles d’attiser les convoitises dans un contexte mondial de transition énergétique et de compétition industrielle accrue.
Au-delà des ressources naturelles, la région revêt une importance stratégique particulière pour la France et pour l’Europe. Le Centre spatial guyanais, à Kourou, constitue en effet un pilier de l’autonomie spatiale européenne. Or, cette infrastructure stratégique s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué par une guerre économique assumée entre les États-Unis et l’Union européenne. Les intérêts européens en Guyane sont donc bien réels et potentiellement exposés aux recompositions géopolitiques en cours.
Une déstabilisation régionale aux conséquences incertaines
L’opération menée contre le Venezuela est perçue par de nombreux observateurs comme un signal inquiétant pour l’avenir de la région. Elle s’inscrit dans une logique de rapports de force où s’affichent de plus en plus clairement des ambitions hégémoniques. Le président américain Donald Trump revendique ouvertement la volonté de renforcer la domination des États-Unis sur la scène internationale, dans un monde où d’autres puissances poursuivent des objectifs similaires.
Dans ce contexte, l’avenir du plateau des Guyanes soulève de nombreuses interrogations. La capture du chef de l’État vénézuélien apparaît comme un facteur supplémentaire de déstabilisation, susceptible d’avoir des répercussions politiques, économiques et sécuritaires bien au-delà des frontières du Venezuela.
Les inquiétudes du Guyana et du Brésil
Les dirigeants régionaux n’ont pas tardé à réagir. Le président du Guyana, Irfaan Ali, s’est exprimé sur le réseau social X en soulignant que « la priorité absolue est la sécurité de notre pays », traduisant les craintes d’un débordement du conflit ou d’une remise en cause des équilibres régionaux.
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Au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a également fait part de sa ferme désapprobation. Toujours sur le réseau social X, il a dénoncé une « violation flagrante du droit international », estimant que « l’attaque de pays souverains est le premier pas vers un monde de violence, de chaos et d’instabilité, où la loi du plus fort prévaut sur le multilatéralisme ».
Dans un contexte aussi tendu, le plateau des Guyanes apparaît plus que jamais comme un espace stratégique fragile, au cœur de rivalités mondiales dont les conséquences restent encore difficiles à mesurer.
Par Catherine Lama
