Canicule: les volailles sont mortes par millions. Voir CP de Robin des BOis

Bilan provisoire au 26 juin 2026 du premier coup de chaud : 6600 tonnes de mortalité pour la seule Bretagne, soit sur la base d’un kilo par volaille, 6,6 millions de cadavres. Après la saturation des sites d’équarrissage qui sont d’intérêt général et doivent éliminer réglementairement les cadavres d’animaux, les éleveurs n’ont pas eu d’autre choix pour éviter la déprime et la puanteur toxique que de creuser chez eux une nouvelle fosse et d’y conduire en tractopelles ou en remorques dégoulinantes des milliers d’animaux étouffés dans le huis clos des élevages industriels.
Les préfectures, après le communiqué de Robin des Bois* et après avoir reçu des informations remontées par les organisations professionnelles et les mairies sur des enfouissements improvisés et non déclarés, ont pris tardivement des arrêtés et rappelé des règles minimales de précautions sanitaires, environnementales et olfactives pour la gestion en urgence des cadavres de volailles, de bovins, de porcins et de lapins :- Dans l’attente de l’enfouissement des cadavres, les éleveurs peuvent ajouter de la sciure ou des copeaux pour absorber les jus ou laisser les cadavres en remorques non bâchées recouvertes de paille, tout en les éloignant des pâtures avec bovins en raison du risque de botulisme.- Le sol doit être facile à creuser sur au moins 2 m de profondeur.- La fosse ou les fosses doivent être à plus de 50 m du bâtiment d’élevage et à plus de 100 m de toute habitation, à plus de 100 m des cours d’eau, des plans d’eau, des sources, des puits et des forages. Le fond de la fosse doit être impérativement au-dessus du niveau de la nappe phréatique. L’avis favorable d’un hydrogéologue est demandé. Il n’a pas besoin de se déplacer sur le terrain et peut se prononcer par visioconférence. Il y a seulement une dizaine de ces experts pour les 4 départements de la Bretagne.- Les opérateurs doivent porter des Equipements de Protection Individuelle.- Il est fortement recommandé de clôturer la zone d’enfouissement.- Aucune excavation ne pourra être réalisée sur le site d’enfouissement pendant au moins 5 ans et le terrain ne doit donc pas être concerné par un projet de construction.- L’attestation d’enfouissement devra être signée en temps réel ou a posteriori par un tiers, un élu, un maire, un vétérinaire.- Les éleveurs doivent conserver l’attestation de géolocalisation et les photographies de la fosse d’enfouissement pendant 5 ans et les tenir à la disposition des services de contrôle.
Robin des Bois estime que la traçabilité de ces décharges en situation d’urgence est indispensable au-delà de 5 ans. Si vous habitez en permanence ou temporairement dans une région d’élevage comme la Normandie, la Bretagne, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine, vous êtes concerné et vous êtes en droit de demander à la mairie l’inventaire exact et la localisation des fosses d’enfouissement d’animaux. Les agents pathogènes issus de la décomposition des cadavres et les résidus des antibiotiques et des antiparasitaires sont des menaces pour la santé publique, pour les eaux souterraines et superficielles et leurs écosystèmes.
Loin de cette débâcle, dans une exploitation céréalière du Loiret, la ministre de l’Agriculture en pantalon blanc a fait le 6 juillet un petit tour en moissonneuse-batteuse en faisant la promotion de sa loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles et en insistant sur l’impérieuse nécessité de bien gérer les ressources en eau.

Hécatombe dans les élevages en batterie, 24 juin 2026