Francis Hallé a rejoint des hauteurs
A FRANCIS HALLE
Pleurons la disparition d’un grand botaniste car il a fait des émules mais personne n’a su comme lui parler des arbres, de leur autonomie, de nos liens ..Nous l’avons écouté en intégrant l’inimaginable : les arbres se parlent, les arbres s’informent des dangers…. Nous regardons le vivant d’une autre manière , remplis d’interrogation et d’humilité..
Dans les années 80, je créais l’association solidarité forêt rappelant depuis qu’il n’est pas de fôrets vierges mais des écosystèmes complexes dont les hommes ont beaucoup à apprendre , mais ont aussi des mythes à désacraliser.
Je m’étais rapproché géographiquement de Francis Hallé à Montpellier, mais sans renouer avec son grand projet de forêt primaire européenne
il restera celui qui a guidé mes connaissances des forêts tropicales, restera lié à mon amour de la Guyane. Nous nous sommes bien connus dans les années 80/90 et en 1989 alors que je préparais le sommet de la terre au cabinet de Brice Lalonde, alors ministre de l’environnement , je suis partie en Guyane, où Francis avait déjà posé son radeau en 1986.
Une nouvelle mission avait été programmée au Brésil , mais le matériel avait été confisqué par les militaires en représailles de la réception de Raoni par François Mitterrand. Il nous a fallu rapatrier en urgence le matériel et trouver un site. Seuls les premiers baraquements EDF installés sur le pourtour du très décrié futur barrage de Petit Saut nous ont permis d’accueillir les scientifiques internationaux prêts pour cette mission.
En 2016 lors d’Habitat 3 j’organisais à Quito à l’Alliance Française une exposition sur l’habitat durable et tropical en Guyane , nombre des dessins de Francis Hallé ornaient le parcours ..Le sauvetage de l’opération radeau des cimes guyanaise , le suivi du tournage « forêts » de Luc Jacquet, la découverte de l’ami Patrick Blanc, Ebersolt et Serge Antoine…Tout un monde que j’ai eu la chance de rencontrer grâce à cet éminent botaniste.
Dominique Martin Ferrari
